audition Sanofi

Table ronde à l’Assemblée nationale sur « l’avenir de l’industrie du médicament en France »

Publié le 15 février 2017 | Mon action nationale

Ce matin, je suis intervenu lors de la Commission des affaires économiques où était organisée une table-ronde sur « l’avenir de l’industrie du médicament en France », un enjeu clé pour notre pays, son industrie, ses emplois, sa souveraineté sanitaire.

Y participaient notamment Philippe Lamoureux, directeur général du Leem (Les entreprises du médicament), Yves L’Epine, directeur général du groupe Guerbet, membre du G5 Santé, et Philippe Luscan, président de Sanofi France et vice-président exécutif des affaires industrielles mondiales du groupe.

Lors de cette réunion, j’ai défendu l’indispensable base productive que constitue ce secteur industriel à la fois pour assurer l’indépendance sanitaire de la France, ainsi que l’activité dans les territoires. L’industrie du médicament est une composante essentielle des industries de la santé, troisième secteur des exportations françaises, avec un montant de près de 29 milliards d’euros en 2015, et qui reposent sur plus de 200 000 emplois directs dans les entreprises industrielles et 200 000 emplois induits – un salarié sur vingt de l’industrie manufacturière travaille aujourd’hui dans la santé.

Cet échange fut également pour moi l’occasion de rappeler le rôle emblématique et stratégique du site Sanofi de Saint-Aubin-lès-Elbeuf et les savoir-faire de l’ensemble de celles et ceux qui y travaillent au quotidien. « Ce dont nous parlons ici à travers les sites et le modèle fortement intégré de Sanofi, ce sont des enjeux d’intérêt général : il s’agit de l’avenir de l’industrie du médicament en France, c’est-à-dire de ses capacités d’innovation et de production sur le sol national. Cette question est celle de la souveraineté sanitaire de la nation et d’un bien public qui s’appelle la santé de tous nos concitoyens ».

Il y a une semaine, à l’Assemblée, j’avais participé à une réunion avec l’intersyndicale Sanofi représentant 23 sites en France. Organisée à l’initiative de mon collègue André Chassaigne, elle avait permis durant près de deux heures de faire le point sur l’ensemble des problématiques, enjeux et défis de ce groupe fleuron de notre industrie et de notre souveraineté sanitaire. Préalablement, le 26 janvier dernier, j’avais rencontré l’intersyndicale de Sanofi de Saint-Aubin-lès-Elbeuf avec Jean-Marie Masson, maire de la commune. A l’Assemblée comme sur le terrain, je reste mobilisé dans le suivi de ces enjeux industriels et attentif à leur évolution sur le territoire normand, tout particulièrement dans notre circonscription.

Ma question en Commission des affaires économiques ce 15 février :

« Madame la présidente,

Mes chers collègues,

D’abord merci de m’accueillir ce matin dans votre commission. Le système de santé en France est reconnu pour sa qualité. C’est la qualité des professionnels de santé, des organismes de recherche, de l’organisation des soins, celle des associations, c’est aussi la qualité des industries du secteur.

Son rôle est fondamental. Pour l’emploi, pour nos exportations, et avant tout pour la santé et l’indépendance sanitaire de notre pays. Voilà pourquoi l’Assemblée nationale a le devoir de mettre l’avenir de cette industrie au cœur de ses débats.

En témoignage de terrain, je peux vous parler du site de Sanofi à Saint-Aubin-lès-Elbeuf que je connais bien car il est emblématique de tous ces enjeux. A Saint-Aubin – caractéristique mondiale pour le groupe –, avec une excellence et une compétence reconnues de très longue date, est fabriquée la Pyostacine, un antibiotique qui connaît très peu de résistance et répond à des besoins essentiels. On y fabrique aussi la vitamine B12 et les corticostéroïdes, là aussi avec une production qui répond au niveau le plus exigeant, le plus élevé des normes-qualité dont nous avons évoqué le rôle majeur.

Dans un groupe aussi intégré que Sanofi où sont maîtrisées les deux étapes du médicament –principe actif et galénique –, chaque site est concerné ou peut l’être par l’organisation globale d’un groupe intégré.

Monsieur Luscan, vous avez évoqué tout à l’heure la réorganisation de l’activité chimie de Sanofi en deux entités, l’une dédiée aux clients tiers et l’autre aux molécules pour son propre compte. Cette évolution de la branche chimie suscite des questions et des inquiétudes à tous égards – sur lesquelles l’intersyndicale interpelle à juste raison. Pouvez-vous nous indiquer précisément ce qu’il en est, notamment pour les sites où se mêlent produits tiers et captifs, c’est le cas en particulier des sites de Vertolaye et de Saint-Aubin-lès-Elbeuf.

Ce dont nous parlons ici à travers ces sites et le modèle intégré du groupe Sanofi, ce sont des enjeux d’intérêt général : il s’agit précisément de l’avenir de l’industrie du médicament en France, c’est-à-dire des capacités d’innovation et de production sur le sol national. Ce dont il est question ici, je le dis, j’y insiste, c’est de la souveraineté sanitaire de la nation et c’est d’un bien public qui s’appelle la santé de nos concitoyens ».  

La réponse de Philippe Luscan, président de Sanofi France :

« Concernant [les] questions de M. Chassaigne et de M. Bachelay concernant notre activité tiers, (…) dans les dernières années, le développement de notre site de Vertolaye et d’Elbeuf a été exemplaire (…) Sur Elbeuf, nous avons investi 130 millions d’euros dans les cinq dernières années, embauché 100 personnes (…). Concernant l’activité tiers, c’est une activité fragmentée, avec beaucoup d’acteurs en France, qui va faire l’objet stratégiquement dans les années prochaines de consolidation, j’en suis sûr. La question qui nous est posée, c’est : comment continuer le développement des sites – il n’est pas du tout question d’aller menacer de fermetures. Bien au contraire, nous avons développé les sites de Vertolaye et d’Elbeuf. La vraie question pour nous, c’est comment à 5 ans, à 10 ans, nous allons continuer le développement de ces sites et pensons que des consolidations dans ce domaine du tiers vont s’opérer et nous avons annoncé que nous réfléchissions d’ici à la fin de l’année 2017 à des partenariats pour essayer de voir comment nous pouvions fédérer cette consolidation pour développer les sites. Soyez assurés que nous serons extrêmement précis en temps utiles dans les réflexions qui sont les nôtres pour vous donner une information d’ici la fin 2017 ».

Dans une réponse apportée dans la suite du débat, M. Luscan a précisé que « l’objectif était de développer cette filière [en sachant] que les cycles sont longs. Aujourd’hui les sites d’Elbeuf et de Vertolaye ont un plan de charge de très bonne qualité. Mais mon rôle à moi, c’est de créer les conditions du développement dans 5 ans, dans 10 ans, dans 15 ans. Et stratégiquement, je vois cette filière de chimie pour d’autres laboratoires se consolider (…) nous prenons le temps de regarder toutes les options pour regarder quelles sont les meilleures conditions pour que l’on participe d’une manière ou d’une autre à cette consolidation. L’objectif n’est pas de céder, l’objectif est de trouver les conditions les plus favorables pour continuer le développement de ces sites dans un périmètre qui est en pleine évolution. [Nous] prendrons le temps de le faire et d’informer en interne et autre les décisions prises, on a annoncé cela pour la fin 2017 ».

Les vidéos peuvent être retrouvées ici.

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