Sérieusement à gauche. Pour une gauche sérieuse.

Les 60 engagements Cette déclaration de François Hollande hier à Blois résume parfaitement les choses : proposer 60 engagements pour le changement, c’est être sérieusement à gauche ; préciser comment ils seront mis en œuvre, dès les premières semaines, en cas d’alternance, c’est vouloir une gauche sérieuse.

Le 22 janvier, dans son discours du Bourget, François Hollande a dit l’urgence et le sens du changement: après un quinquennat de dégradation et de divisions, il faut une présidence de redressemement et de rassemblement dans la justice. « Je serai le président de la fin des privilèges »

 

Hollande meeting du Bourget

Le 26 janvier, à la Maison des Métallos, il a fixé les priorités du changement. Depuis plus de deux mois, militants et sympathisants socialistes distribuent dans tout le pays la plate-forme présidentielle, ses 60 engagements et leur financement. « Je ne promets que ce que je peux tenir. Tout ce qui est dit sera fait dans le quinquennat ».

 
Aujourd’hui, François Hollande a dévoilé l’agenda du changement et les principales mesures qu’il engagera au cours de la première année
de son quinquennat si les Français l’élisent président de la République. http://francoishollande.fr/premiere-annee-changement-programme-hollande/

 

Parce que nous sommes prêts, nous sommes précis. Parce que nous sommes déterminés à améliorer la vie des Français, nous sommes concrets et leur disons ce qui peut changer pour eux s’ils choisissent le changement.

 

Rassemblement du Bourget

 Imaginons et projetons-nous. Le 6 mai, une majorité de Français sanctionnent 5 ans de bilan Sarkozy et 10 ans de politique UMP. Le peuple a été plus puissant que la droite, le MEDEF et les puissances d’argent. Fort de la confiance des citoyens, François Hollande devient le septième président de la Ve République. Dans la foulée de son installation à l’Elysée et de la nomination du nouveau Gouvernement, avant même les élections législatives et l’arrivée d’une nouvelle majorité à l’Assemblée nationale, des décisions justes et fortes seront prises :

 

- parce que l’Etat doit être exemplaire : réduction de la rémunération du chef de l’Etat et des membres du Gouvernement de 30% ; signature d’une charte de déontologie pour empêcher tout conflit d’intérêt entre membres du gouvernement – et leurs conseillers – et intérêts d’argent ;

 

- parce qu’il faut redonner du pouvoir d’achat aux Français : revalorisation de 25% de l’allocation de rentrée scolaire pour la rentrée 2012 ; blocage des prix des carburants pour 3 mois ; caution solidaire pour que les jeunes puissent louer un logement ; garantie d’une rémunération supérieure à l’inflation pour le livret A ;

 

- parce qu’il faut combattre les injustices : droit de partir à 60 ans et à taux plein pour les salariés qui ont leurs annuités ; écart maximal de 1 à 20 pour les rémunérations dans les entreprises publiques ; circulaire contre les « délits de faciès » lors des contrôles d’identité ;

 

- parce qu’il faut faire entendre la voix de la France dans le monde et réorienter l’Europe : mémorandum détaillé transmis à nos partenaires, en vue du Conseil européen des 28 et 29 juin, proposant un pacte de responsabilité, de croissance et de gouvernance pour modifier et compléter le traité européen d’austérité ; annonce à nos partenaires de l’OTAN (sommet de Chicago 20-21 mai) du retrait de nos troupes d’Afghanistan d’ici fin 2012.

 

Quel contraste avec le candidat sortant ! Depuis qu’il est entré en campagne, il égrène chaque jour une promesse qui fait oublier celle de la veille et qu’effacera celle du lendemain. Alors que depuis fin janvier, François Hollande dit ce qu’il compte faire – pourquoi, comment et même quand –, à 18 jours du premier tour, le candidat de l’UMP n’a toujours pas de programme unifié, rédigé, chiffré que les électeurs qui le veulent pourraient consulter. A l’improvisation, s’ajoute le mépris.

 

Voilà qu’on nous annonce le programme Sarkozy pour demain. J’y reviendrai, bien sûr. Une chose est sûre : son objectif, c’est l’austérité généralisée en France et l’austérité à perpétuité en Europe. C’est pourquoi « l’opération programme » de Sarkozy relève de la communication et pas de la clarification, de l’enfumage et non du message.

 

Car l’impressionnisme de la campagne Sarkozy dessine un sombre tableau :

 

- augmentation de la TVA de 19,6% à 21,2% (déjà programmée pour l’automne si la droite repasse) ;

 

- le passage graduel de l’âge de la retraite a 67 ans. En octobre 2011, F. Fillon n’a-t-il pas dit tout haut ce que Sarkozy prépare à voix basse en affirmant : « Il faudra aller vers un temps de travail commun, vers un âge de retraite commun, vers une convergence progressive de l’organisation économique et sociale de nos deux pays. » Or l’âge de la retraite avec une pleine pension -sauf pour les carrières longues- sera porté à 67 ans outre-Rhin d’ici à 2029 ;

 

- la démolition du code du travail et du CDI rebaptisée « accords de compétitivité-emploi » concrètement, ce volapük signifie que les accords entre l’employeur et les salariés d’une entreprise primeront sur la loi, le contrat de travail ou encore les conventions collectives conclues au niveau des branches. Que personne ne s’y trompe : si Sarkozy s’en prend si violemment aux syndicats aujourd’hui, c’est parce qu’il veut attaquer les droits des salariés demain ;

 

- le démantèlement de la Sécurité sociale et de la prise en charge solidaire de la dépendance. En février 2011, en conclusion d’un colloque organisé au Conseil économique, social et environnemental, le président sortant a clairement laissé entendre que les assurances privées sont à ses yeux la piste privilégié d’un nouveau financement de l’assurance maladie et de la dépendance : « est-il raisonnable de ne pas s’interroger sur le rôle que peuvent jouer les mutuelles, les compagnies d’assurances et les organismes de prévoyance ? », déclarait-il alors. Ses propos ont immédiatement reçu l’approbation du MEDEF et de sa présidente : « La voie de l’assurance privée obligatoire est la meilleure »

 

- les coupes sombres dans les services publics-ce sera la RGPP aveugle et amplifiée : après l’école, le Pôle emploi, la santé, la police-gendarmerie et la justice, voilà que les collectivités territoriales sont désignées comme cible alors qu’elles représentent 70% de l’investissement public en France – bouffée d’oxygène pour le carnet de commandes des PME et des artisans – et que leurs politiques de solidarité et de proximité amortissent la crise au quotidien pour nos concitoyens ;

 

- la mise en oeuvre du traité européen d’austérité que M. Sarkozy a signé sans broncher le 2 mars dernier et qu’il veut ratifier sans le renégocier.

 

Le programme de Sarkozy, c’est l’ultra-libéralisme : austérité-inégalités-brutalité.

Le projet de François Hollande, c’est la République : liberté, égalité, fraternité.

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