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Renouvellement urbain du quartier des Fleurs-Feugrais: visite de terrain de François Pupponi à Cléon et à Saint-Aubin-lès-Elbeuf

Publié le 25 septembre 2015 | MON ACTION LOCALE

Le Président de l’Agence Nationale pour la Rénovation urbaine (ANRU), François Pupponi, s’est rendu aujourd’hui dans la Métropole Rouen-Normandie pour une visite de terrain et de travail. Avant de se rendre à Saint-Etienne-du-Rouvray puis à Rouen, son déplacement avait pour première étape Cléon et Saint-Aubin-lès-Elbeuf où le quartier des Fleurs et des Feugrais a été retenu, en décembre dernier, parmi les deux-cents quartiers d’intérêt national du nouveau programme de renouvellement urbain 2015-2020 (NPNRU).

Il s’agit d’une ambition nationale. Engagé de 2003 à 2015, le premier programme a mobilisé des acteurs publics et privés sur des projets urbains d’envergure. Près de cinq-cents quartiers où les conditions de vie étaient particulièrement difficiles ont été rénovés. Quatre millions d’habitants ont été concernés. Plus de 300 000 logements ont été modernisés ou réhabilités, 140 000 construits. Dans plusieurs quartiers de la circonscription, la rénovation urbaine s’est révélée une véritable transformation urbaine. On en mesure l’ampleur, l’utilité et la qualité à Elbeuf et à Canteleu, commune où, en 2002 avec le label ORU puis en 2005 dans le cadre du PNRU, près de 2 000 logements ont été réhabilités, plus de 2 500 résidentialisés, des voiries, des espaces de stationnement, des espaces publics, jardins et parcs ont été créés ou rénovés.

DSC05101La loi de Programmation pour la Ville et la cohésion urbaine du 21 février 2014 a confié à l’Anru la réalisation du nouveau programme. Lancé après une évaluation complète du premier volet, fondé sur une nouvelle carte de la géographie prioritaire, mobilisant l’effort national en direction des habitants des quartiers qui connaissent les plus grandes difficultés au quotidien – pauvreté, mal logement, difficulté d’accès aux services et équipements publics, insuffisante proximité des transports en commun –, le NPRU prolonge le programme précédent tout en tirant les enseignements de sa mise en œuvre afin que les projets de demain répondent toujours davantage à la réalité vécue par nos concitoyens. Deux millions de personnes vont être concernées en métropole et dans les outremers par ce chantier pour l’égalité sociale et territoriale qui va mobiliser cinq milliards d’euros dans les prochaines années. Les quartiers retenus, qu’ils soient d’intérêt national ou régional, se situent en banlieue, mais également au cœur d’aires métropolitaines, de villes moyennes, de centres anciens dégradés, de communes périurbaines ou encore de cités minières. Outre cette prise en compte de la diversité des territoires ou encore la généralisation de dispositifs comme les clauses sociales d’insertion qui génèrent heures de travail pour des personnes éloignées de l’emploi et activité pour les entreprises de la filière  du BTP, le NPNRU répond à des objectifs plus transversaux. Le Président de la République, qui s’était engagé en 2012 à mettre en œuvre une nouvelle étape de la rénovation urbaine dans notre pays, l’a dit le 16 décembre dernier : ce nouveau programme doit se faire « en partant des besoins des habitants ». Il s’agit avant tout d’améliorer l’habitat et l’urbanisme mais il est tout aussi décisif d’inclure dans l’ambition pour les quartiers le développement économique pour l’emploi, la préservation de l’environnement et les économies d’énergie pour une ville durable, la participation des habitants à travers les Maisons du projet sur place ainsi que la tenue de conseils citoyens – dans cette approche participative du futur quartier, un rôle majeur sera dédié aux associations qui, pour reprendre les mots du Chef de l’Etat, doivent être « considérées au même plan que les financiers ou les maîtres d’œuvre ». Pour toutes ces raisons, les conventions de renouvellement urbain prévoiront des concours financiers de l’Anru afin d’encourager la co-élaboration des projets avec les habitants. L’objectif est à la fois urbain et humain. Cette vision transversale bénéficiera avant tout aux quartiers et aux communes où ils se trouvent, mais elle constitue aussi un atout pour les territoires sur lesquels ils se situent, en l’occurrence le bassin elbeuvien et l’espace métropolitain dont l’attractivité, la mobilité, la durabilité, la citoyenneté seront ainsi confortées.

Objectif national, le renouvellement urbain est une ambition territoriale. Parmi les quartiers d’intérêt national 2015-2020, six ont été retenus en Normandie, trois en Seine-Maritime dont le quartier des Fleurs et des Feugrais. Il compte un peu plus de cinq-cents logements et concerne environ trois mille habitants. Les problématiques spécifiques du quartier, constitué de deux groupes d’immeubles scindés par la limite communale entre Cléon et Saint-Aubin-lès-Elbeuf, répondent aux objectifs, aux principes et aux priorités de la loi de programmation et du NPNRU : encourager la mixité sociale et favoriser la mobilité résidentielle, soutenir le développement socio-économique pour renforcer l’accès à l’emploi pérenne, associer les habitants et le tissu associatif à la définition des projets, rendre chacune et chacun acteur de la rénovation du quartier. J’ai déjà eu, sur ce blog, l’occasion d’évoquer ce quartier que je connais bien, où je me suis une nouvelle fois rendu fin juillet pour la fête municipale qui s’y déroulait. L’histoire des Fleurs et des Feugrais n’est pas seulement celle du quartier, c’est l’histoire collective de notre territoire et singulièrement du pays elbeuvien. Faire le récit des décennies qui ont passé, c’est expliquer un pan de notre histoire économique et de l’expansion urbaine qui l’a accompagnée. Le parc immobilier, en effet, s’est bâti en lien avec l’installation – c’était en 1958 – puis le développement de l’usine Renault, principal site mécanique du groupe, fleuron de l’industrie automobile normande et française. Le déploiement industriel durant les années 1960 et 1970 s’est accompagné de l’urbanisation de Cléon, village devenu ville, avec la construction par Renault de trois parcs d’habitation – Les Feugrais, les H, les Oliviers – cédés dans les années 1990. Aujourd’hui, les immeubles du quartier appartiennent à deux bailleurs sociaux du territoire : la SA HLM d’Elbeuf et la SA HLM  le Foyer Stéphanais. Comme l’a rappelé le maire de Cléon lors de sa présentation des enjeux au Président de l’Anru, lcartees aléas de la conjoncture économique ont pesé. S’y ajoute la césure importante liée à la RD7 (la route deux fois deux voies qui traverse la ville) et la voie ferrée. En même temps – je veux souligner avec force cette réalité –, dans ce quartier se trouvent des habitants solidaires, une jeunesse créative et désireuse de mener à bien des projets, un tissu associatif remarquable et actif autour, notamment, de la maison de quartier Boby Lapointe, où nous étions réunis en début d’après-midi, et du Point-Virgule, équipement dédié aux 16-25 ans. Parce qu’il y a des défis à relever, des problèmes à régler et des atouts à valoriser, les municipalités de Cléon et de Saint-Aubin ont décidé, depuis maintenant dix ans, de réagir et d’agir, soucieuses d’améliorer le cadre de vie des habitants, de consolider le vivre-ensemble autour d’une ambition commune pour le logement, l’habitat, l’urbanisme pour permettre plus et mieux qu’une rénovation : un renouveau.

Député, je me suis investi aux côtés d’Alain Ovide puis de Frédéric Marche, maires de Cléon, et de Jean-Marie Masson, le maire de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, pour fédérer les énergies, accompagner les communes et leurs élus dans leurs démarches, concevoir les bases d’un projet global pour le quartier, rechercher le soutien de la puissance publique, les financements bien sûr, mais d’abord la reconnaissance auprès des pouvoirs publics de la priorité que constituent les Fleurs-Feugrais et ses habitants – hors ZUS, les Fleurs-Feugrais n’avait pas fait l’objet antérieurement d’une intervention lors du précédent programme de rénovation urbaine, ni d’opération isolée au cœur de la Métropole Rouen-Normandie. Que l’Anru ait retenu le quartier fin 2014 parmi ses priorités nationales est une reconnaissance et un espoir d’amélioration de la vie quotidienne des habitants. Sur le terrain, François Pupponi a pu le mesurer en dialoguant avec l’ensemble des partenaires présents,  publics et privés, et avec les membres du conseil citoyen qui a été désigné. Après avoir fait le point sur les objectifs, les avancées déjà réalisées au cours des réunions du comité de pilotage qui ont rythmé ces derniers mois, les étapes à venir avec la finalisation du protocole de préfiguration, nous avons quitté les locaux de la maison de « Boby » pour présenter le quartier à François Pupponi, l’environnement urbain, mesurer les attentes et les besoins en échangeant avec des habitants et les commerçants. Le NPNRU est un aboutissement – celui d’une mobilisation collective – et un commencement – celui d’un nouvel avenir pour le quartier. Remerciant François Pupponi de sa présence dans notre circonscription aujourd’hui, j’ai insisté sur ce point : le renouvellement urbain, c’est bien sûr la possibilité de disposer de ressources pour construire, rénover, moderniser l’habitat et le logement, améliorer le cadre de vie. Mais c’est d’abord une marque de considération pour les habitants de nos quartiers, la reconnaissance par la puissance publique de leurs besoins et de leurs aspirations.Depuis le début de l’année, services communaux, techniciens et représentants des partenaires et financeurs (notamment l’ANRU, la Direction départementale des Territoires, la Métropole, les bailleurs sociaux, la Caisse des dépôts et consignations) travaillent au sein d’un comité de pilotage. La localisation de la « Maison du projet » est en cours de réflexion et le protocole de préfiguration en cours d’élaboration afin d’être adressé d’ici la fin de l’année. Une fois signé, le phasage se poursuivra et comportera plusieurs étapes indispensables : la conduite de études, la constitution du schéma d’aménagement, puis la validation partenariale et la préparation de la convention Anru. C’est un projet structurant de notre circonscription et de la Métropole Rouen-Normandie qui est ici engagé. La visite de terrain d’aujourd’hui marquait le coup d’envoi d’une ambition pour les années à venir et cet important quartier de notre territoire.

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