Raffinerie de Petit Couronne : lutter, encore et toujours

petroplusCe vendredi midi, je me suis rendu à l’assemblée générale de l’intersyndicale de Petroplus. C’était une journée doublement importante : à Paris, des représentants des salariés s’apprêtaient à signer la convention actant la rétrocession d’une partie du produit des stocks au financement des travaux de redémarrage et à un fonds social destiné aux salariés d’une part, d’autre part à l’usine, étaient rendues publiques les réponses des candidats à la présidentielle à la charte que leur avait adressée les organisations syndicales pour préserver et développer l’industrie en France…

Que de chemin parcouru depuis le 27 décembre quand les responsables syndicaux m’ont téléphoné pour dire que Petroplus et ses dirigeants, installés en Suisse, retiraient l’échelle en mettant l’entreprise en cessation de paiement ! Combien d’assemblées générales, combien de réunions, combien de coups de fil avant d’en arriver à cette première étape, près de quatre mois plus tard !

 

Les salariés, sitôt la nouvelle connue, ont choisi de bloquer les produits finis stockés dans l’usine : « notre trésor de guerre », ont-ils dit justement. Aujourd’hui, ils voient l’aboutissement de leur résistance : pour la première fois, la matière du labeur revient à ceux qui l’ont produite.

 

La prochaine étape, c’est l’examen des dossiers de reprise par le tribunal de commerce de Rouen. Dans quelques semaines, nous saurons combien de repreneurs se sont manifestés, la nature de leurs projets, l’ampleur de leurs investissements.

 

Un repreneur viable, c’est un repreneur qui prévoit d’investir pour consolider et démultiplier le potentiel industriel d’une des raffineries les plus performantes. Essence, huiles, bitumes, le savoir faire de la Shell – c’est ainsi que le site se nomme chez nous, héritage d’un long passé – est immense. Plus qu’il ne l’a jamais été si j’en juge par la qualité des projets de diversification énergétiques mais aussi logistiques – Axe Seine, éveille-toi !: – portés par les syndicats.

 

Enfin, rien ne sera possible sans un double renforcement du droit : à l’échelle européenne, ce sont de nouvelles règles de concurrence ; à l’échelle nationale, c’est le renforcement de l’arsenal juridique anti-délocalisations et anti-désindustrialisation. Le combat continue !

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