Pour changer de politique, il faut changer de président

Publié le 24 mars 2012 | MON ACTION AU PS, Tribunes

logo-nicematinSamedi 23 mars, j’ai répondu aux questions de Nice-Matin, Var-Matin et Corse-Matin.

Comment avez-vous vécu la suspension de la campagne liée à la tragédie de Toulouse ?

Comme tous les Français, j’ai éprouvé un sentiment d’horreur face à la barbarie, de solidarité avec les familles des victimes de Toulouse et Montauban, de soulagement quand le terroriste a été mis hors d’état de nuire par les forces de l’ordre dont le courage doit être salué. Dans ce moment tragique, la République a uni les Français et les socialistes ont oeuvré à cette unité. François Hollande s’est comporté en homme d’Etat, faisant preuve en permanence de hauteur de vue. Il a justement rappelé que le terrorisme doit être combattu sans relâche ni faiblesse.

La campagne électorale a redémarré. Ces événements vont-ils modifier votre façon de riposter aux attaques du camp adverse ?

La démocratie doit être plus forte que la violence. Depuis des mois, nous présentons nos solutions pour l’emploi, le pouvoir d’achat, la santé, le logement, la sécurité. De son côté, l’UMP multiplie les contre-vérités, incessantes et parfois indécentes. Nous n’avons pas besoin, nous, de changer de manière de faire campagne : nous développons nos propositions tandis que d’autres persévèrent dans la provocation, la stigmatisation. Le pays a besoin de confiance, pas d’outrance. 

Le PS est-il en ordre de marche dans cette campagne ?

Bien sûr, comme jamais depuis 1981. L’esprit d’équipe nous anime et aussi l’esprit de responsabilité. La France recule en Europe, son industrie décline, le chômage et les inégalités explosent. L’alternance est d’intérêt général.

Les courbes des sondages qui s’inversent au 1er tour, l’écart qui se ressert au second, un motif de doute, d’inquiétude ?

Une majorité de nos concitoyens aspire à un changement de politique, ce qui passe par un changement de président. Celui qui peut gagner pour changer, c’est François Hollande. Pour cela, il a besoin du plus large soutien populaire dès le 1er tour.

Comment s’est construit le projet de François Hollande ?

Depuis deux ans, il a dit ses priorités : production, fiscalité plus juste pour les classes moyennes et les PME, priorité à la jeunesse, République exemplaire. Puis sont venus les apports du projet socialiste, de la primaire citoyenne et de la « mission première année » menée par Laurent Fabius à la demande de Martine Aubry. Cette constance, cette cohérence font la crédibilité de notre projet.

Quelles en sont les priorités, les mesures emblématiques ?

D’abord, il faut redresser le pays : banque publique d’investissement pour la réindustrialisation et les PME, réforme bancaire pour faciliter l’accès des ménages au crédit, Europe mobilisée pour la croissance et contre le dumping social et environnemental. Autre priorité : l’éducation avec, notamment, le rétablissement de postes de professeurs, de médecins scolaires, de surveillants. Mais la valeur cardinale de notre projet, c’est la justice : songez que des dirigeants du CAC 40 s’octroient 4 millions d’euros par an quand un salarié sur deux touche moins de 1500 euros par mois ! La justice, par exemple, c’est de revenir sur les cadeaux fiscaux accordés aux très grosses entreprises pour mettre en place le contrat de génération qui permettra d’embaucher un jeune en CDI tout en maintenant un salarié senior dans l’entreprise jusqu’à la retraite.

Rien d’illusionniste, donc, comme le prétend Nicolas Sarkozy, dans ce programme ?

Voilà deux mois que François Hollande a présenté ses 60 engagements et leur financement. On ne peut pas en dire autant du candidat sortant. Il ne parle ni de son bilan – qui est un boulet – ni de son projet – le libéralisme. Restent les coups d’éclat, mais une suite d’improvisations et d’incantations ne font pas une vision. Surtout quand le candidat du « travailler plus pour gagner plus » est devenu le président du « chômer plus pour toucher moins ». Le projet d’espoir dont la France a besoin, c’est François Hollande qui le porte.

Propos recueillis par Christian HUAULT

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