photo 1 bis

Ouverture de l’Historial Jeanne d’Arc à Rouen

Publié le 21 mars 2015 | MON ACTION LOCALE, Mon action nationale

 photo 3 bis  L’Historial Jeanne d’Arc a ouvert ses portes au public aujourd’hui à Rouen. Né en 2012 sous l’impulsion de Laurent Fabius, alors président de la CRÉA devenue la Métropole Rouen Normandie, ce projet a nécessité d’importants travaux architecturaux, historiques, scénographiques : le résultat est superbe.
Situé au sein de l’Archevêché, là même où « le mardi 29 mai 1431 a été tenue la séance du procès où elle fut citée à comparaître le lendemain au Vieux marché », ainsi que le précise la plaque apposée sur la façade qui accueille le visiteur, l’édifice – pierres, boiseries, vitres et vitraux, cryptes, colonnes, chapelle, escaliers – a fait objet d’une imposante et importante restauration. Il faut en féliciter l’ensemble des métiers d’arts, des entreprises et des travailleurs qui ont œuvré à l’agrandissement et l’embellissement du bâtiment.

L’alliage des matériaux anciens avec ceux d’aujourd’hui, le métal, l’acier, mais aussi les technologies modernes, le numérique et la 3D, la mise en lumière, les effets sonores, est particulièrement fécond.photo 4 bis
L’Historial est un lieu et un parcours. À travers les différentes étapes, les cryptes romane et gothique, les anciennes cuisines, l’ancien office, le grand comble, se jouent les séquences successives du procès en réhabilitation de Jeanne qui se déroula un quart de siècle après sa condamnation à mort. De la tour de guet, le panorama qui couvre les toits de la ville permet d’ailleurs d’apercevoir au loin le Donjon – que nous appelons communément « la tour Jeanne d’Arc » – où Jeanne fut interrogée et menacée de torture.
Dans une « scénographie immersive » conçue par Clémence Farell et son équipe à partir des travaux des historiens Philippe Contamine, membre de l’Institut, et Olivier Bouzy, responsable scientifique du Centre Jeanne d’Arc à Orléans et universitaire, à travers la pièce de théâtre filmée où des acteurs restituent les personnages, les propos, les faits, du procès en révision de 1456 et avec pour passeur de salle en salle la figure de Jean Juvénal des Ursins, mandaté par le pape Calixte III et le roi Charles VII, grâce au flux continu d’images, de tableaux, de dessins, de cartes, d’extraits cinématographiques, de reconstitution de batailles ou de trajets, par la technique du « ghost » qui déploie des images virtuelles et donne l’effet d’hologrammes, le visiteur-spectateur est aussi témoin. Témoin de la vie de Jeanne, depuis son enfance à Domrémy, fille de laboureur dans photo 5 bisune France où la guerre de Cent Ans fait rage, où les Anglais occupent une vaste partie du pays, où règnent la famine, les épidémies, la violence, où l’on s’entredéchire, aussi, pour le pouvoir dans un conflit civil opposant Bourguignons et Français demeurés fidèles au dauphin, jusqu’à la mort sur le bûcher, à l’issue d’un procès organisé par l’évêque Pierre Cauchon et dont, reconstruction faite et réhabilitation ordonnée, Juvénal déchire les pages dans une image forte à l’issue du parcours. Toutes les étapes sont restituées avec minutie en passant par Vaucouleurs, Chinon, Orléans, Reims et Compiègne où la Pucelle fut capturée.
D’autres pièces prolongent la visite et accueillent la Mythothèque où sont évoquées, par un film et des vidéos d’historiens répondant aux principales interrogations sur l’héroïne, sur son temps et sa postérité, les interprétations, instrumentalisations, récupérations dont Jeanne fut l’objet au fil des siècles et au gré des mouvements politiques et des courants idéologiques, à mesure que s’écrivirent les pages du roman national. Car, comme l’a dit hier Laurent Fabius lors de l’inauguration des l’Historial, il s’agit avec ce lieu à Rouen de restituer « l’histoire de Jeanne mais aussi l’histoire de l’histoire ». Si sa figure est inépuisable, si le lien avec elle est aussi universel que personnel, elle trouve ici le prisme de l’histoire qui donne à connaître et à penser loin des idées reçues, des raccourcis, des amalgames. C’est l’un des apports majeurs de l’Historial qui lui est dédié, dans ce lieu unique du patrimoine collectif : photo 2 bisrappeler que Jeanne d’Arc appartient à l’histoire de France, c’est-à-dire à tous. Je suis convaincu que les futurs visiteurs, de Normandie et du monde entier, apprécieront l’Historial, cette découverte ou cette redécouverte d’une figure et d’une destinée dans un lieu à l’architecture remarquable.

About The Author

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>