Martine Aubry en Haute Normandie : priorité à l’industrie

Publié le 21 janvier 2011 | MON ACTION AU PS

aubry-bachelay-rouen-fabiusMercredi dernier, à l’invitation de Laurent Fabius, Martine Aubry était en Haute-Normandie à la rencontre des acteurs de l’industrie régionale. L’occasion de délivrer un message fort : pas de compétitivité sans innovation, pas d’innovation sans production.
 
Que la Première secrétaire du Parti socialiste se préoccupe de l’avenir de l’industrie française et de ses salariés n’est pas une nouveauté. Qu’elle la place au cœur du projet économique, social et écologique de la gauche pour 2012 est une révolution. Un mois après l’avoir accompagnée dans le Nord-Pas-de-Calais, chez Meccano et B’Twin, deux entreprises qui ont relocalisé une partie de leur activité en France, je me suis rendu avec elle chez Nutriset, à Malaunay, et chez Verdelet, à Neuville-lès-Dieppe pour évoquer un autre levier de la stratégie industrielle pour 2012 : l’innovation. Deux entreprises innovantes – pas seulement au plan technologique – et performantes à l’international, dont les projets de développement ont été soutenus par les collectivités territoriales, et d’abord la Région sous l’impulsion d’Alain Le Vern.
 
En présence de la presse nationale et régionale, Martine Aubry a délivré quelques messages forts.

Il n’y pas de croissance durable, créatrice d’emplois, sans industrie forte. Quel pays, candidat au peloton de tête de la compétition internationale, peut se payer le luxe de fragiliser ses créateurs, ses producteurs, ses ingénieurs, ses chercheurs, ses savoir-faire ? L’expérience a pourtant été tentée entre 1970 et 2010, ces « décennies aveugles » pour reprendre l’expression de l’économiste Philippe Askenazy : sous la coup des « trois D » – dérégulation, deréglementation, délocalisations -, sous l’emprise du mythe de l’économie dématérialisée et déterritorialisée, la France a perdu deux millions d’emplois industriels depuis 30 ans. Depuis 2008, un demi-million ont été rayés de la carte.

Aux trois D, la gauche doit opposer les « trois R » : réindustrialisation, relocalisation, recherche. Et définir trois principes :

1) Il n’y a pas d’industrie forte sans puissance publique forte. L’Etat et les collectivités territoriales doivent donner l’impulsion par la commande publique, la définition des besoins de recherche de long terme et de la stratégie d’emploi, le soutien aux filières, aux pôles de compétitivité et aux clusters en misant sur l’effet collaboratif (entreprises, recherche, universités, pouvoirs publics), le financement de l’innovation à travers l’amorçage et l’essaimage, l’encouragement réglementaire et fiscal à la constitution d’entreprises de taille intermédiaire et à la reprise/transmission d’entreprises, la modulation de l’impôt sur les sociétés selon le degré de réinvestissement des bénéfices dans l’outil productif, le rééquilibrage du Crédit impôt recherche entre grands groupes industriels et PME.
 
2) Il n’y a pas d’industrie sans une Europe forte. Face à la concurrence des pays émergents et des Etats-Unis, l’européanisation des projets est la condition du succès industriel. Mutualisation des moyens de recherche, réorientation de la politique monétaire, desserrement de la politique de la concurrence, définition d’une nouvelle stratégie commerciale par la mise en place d’écluses sociales et environnementales dans les échanges internationaux, notre projet est celui d’une Europe qui refuse de devenir le musée du monde.

3) Il ne peut y avoir d’industrie compétitive sans une stratégie globale en faveur de l’innovation. La visite de Nutriset à Malaunay et de Verdelet ATN à Neuville-les-Dieppes, dans des secteurs différents – le combat contre la malnutrition et l’excellence énergétique – le prouvent : l’innovation commence en amont par le soutien à l’enseignement supérieur et à la recherche pour s’accomplir en aval dans le cadre du développement industriel des nouveaux procédés et produits. Et l’innovation doit être « élargie », et même deux fois. Elargie au-delà de la seule novation des procédés techniques : par exemple, l’innovation sociale (conditions de travail), éducative (formation) et environnementale (efficacité énergétique) doivent être prises en compte dans les critères d’octroi de la manne publique. Elargie aussi au sens où l’innovation ne saurait concerner que les très grandes entreprises, mais aussi les PME, les TPE, le commerce et l’artisant. Trop d’entreprises se disent : « l’innovation, je suis trop petite, ce n’est pas pour moi, c’est trop complexe, trop lourd, trop cher ». C’est par l’innovation qu’une entreprise peut croître, se regrouper avec d’autres autour de projets ou d’appel d’offres communs, et ainsi monter en gamme. Diffuser l’innovation sera l’un des objectifs majeurs du pôle public d’investissement industriel (2P2I) que j’ai proposé, dès janvier 2009, dans le contre-plan de relance du PS et que la Convention pour un nouveau modèle de développement a entérinée au printemps 2010.

En Haute-Normandie, Martine Aubry a défini les grandes orientations d’une nouvelle politique industrielle. Comme rapporteur général du projet socaliste et comme élu de notre région, je m’engage à ce qu’elle soit l’un des piliers du projet pour l’alternative en 2012.

Retrouvez les propositions du Parti Socialiste pour refaire de la France une grande nation industrielle : ICI

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One Response to Martine Aubry en Haute Normandie : priorité à l’industrie

  1. Francis JOURNOT says:

    En cas de victoire, le parti socialiste poursuivra t-il la désindustrialisation entamée depuis plusieurs décennies ou soutiendra t-il de grands projets industriels manufacturiers créateurs d’emplois ?

    3 Décennies de désindustrialisation : entre supercherie, incompétence et inconscience
    Depuis 35 ans, nos élites économiques et politiques, de Valery Giscard d’Estaing à Nicolas Sarkozy ou de Raymond Barre à Christine Lagarde, ont répété que la France devait accepter d’abandonner les emplois de production aux pays émergents.

    Le Parti Socialiste acceptera-t-il de relancer l’industrie manufacturière pour recréer des emplois et réduire les déficits ?
    http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/le-parti-socialiste-acceptera-t-il-99774

    Francis JOURNOT
    Association citoyenne Vêtements made in France
    http://www.vetements-made-in-france.com

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