L’avenir de Renault est en France et en Haute-Normandie

Publié le 15 février 2011 | MON ACTION LOCALE

renault-03Le groupe Renault l’a annoncé : le futur moteur électrique sera fabriqué dans l’usine de Cléon. D’autres investissements ont été annoncés dans notre région et sur les sites français. J’ai pensé utile de coucher sur le papier quelques leçons que m’inspirent ces annonces encourageantes pour l’industrie automobile dans notre pays en général et pour le partenariat Renault/Haute-Normandie en particulier. Cette tribune a été publié dans « Fil Fax », le premier quotidien du soir dans notre région.

La décision de Renault de fabriquer les moteurs électriques de 3ème génération dans son usine de Cléon est un signal encourageant pour le développement économique régional. Quels enseignements à moyen-long terme peut-on en tirer ?

D’abord, le choix du constructeur d’investir dans son pays d’origine. Dans la mondialisation, il n’y a pas d’arbre robuste sans racines solides : il est bon de se rappeler que les racines de Renault sont en France. C’est ici que se trouve presque un employé sur deux parmi les 55 000 qui composent les effectifs du groupe. D’ici deux ans, l’Alliance Renault-Nissan maîtrisera la chaîne de la voiture électrique. Or, une large part de ce gisement d’innovation à forte valeur ajoutée concernera l’Axe Seine : les batteries à Flins, les moteurs à Cléon. D’ici 2013, 2,5 milliards d’euros seront mobilisés vers les sites français, juste retour du soutien que le constructeur a reçu du contribuable national et des collectivités territoriales au plus fort de la crise automobile.

L’usine de Cléon confirme son attractivité – c’est la deuxième leçon. Grâce aux efforts et à la haute qualification des salariés sur l’ensemble des postes. Grâce aussi à la proximité de la Fonderie de Normandie, qui fut douloureusement séparée de l’usine pendant près de dix ans. Après le nouveau moteur diesel R9M dont la production commencera en mars, la production des moteurs électriques à Cléon positionne l’usine au coeur de la stratégie Renault qui prévoit qu’en 2020, l’électrique représentera 10 % du marché.

Troisième leçon : la Haute-Normandie en général et la CREA en particulier ont tous les atouts pour être le territoire de référence européen de la voiture électrique. Le savoir faire industriel est là, à Cléon et à Grand-Couronne notamment, et s’appuie sur les 6 000 salariés de la filière automobile que compte la Communauté. S’y trouvent des laboratoires de recherche et des écoles d’ingénieurs d’excellence, notamment au Madrillet, ainsi que le pôle de compétitivité mondial Mov’éo. L’Association régionale de l’industrie automobile (ARIA), lancée fin 2010, doit favoriser  les réseaux de compétences entre constructeur et équipementiers. La CREA est signataire de la charte nationale pour le déploiement d’un réseau de bornes de recharge électrique – les premières seront installées le mois prochain. En partenariat avec Renault, elle sera la première collectivité de France à expérimenter des prototypes de véhicules électriques. La Haute-Normandie a tous les atouts pour être à la fois l’usine et la vitrine de l’éco-mobilité.

Enfin, préparer l’avenir suppose de faire prévaloir plusieurs réalités industrielles, sociales et territoriales.

- Les moteurs thermiques n’ont jamais produit aussi peu d’émissions de CO2 et leur attractivité à l’achat reste réelle pour les particuliers. La clé des 20-30 ans qui viennent réside donc dans le « mix thermique / électrique » pour les moteurs de la gamme – deux segments où l’usine de Cléon se positionne désormais comme leader. Mais rien ne sera possible sans un haut niveau d’investissement en R&D, et d’abord au « Losange » de Guyancourt qui rend si fier de notre pays et de ses ingénieurs.

- L’innovation technologique doit se transformer en embauches. Alors que plus de 2000 postes ont disparu ces dernières années à Cléon et Sandouville, Renault vient de prendre des engagements précis en matière de recrutement d’ici trois ans. De même, la formation, la santé au travail, la sécurité des parcours professionnels doivent rester des objectifs permanents du constructeur et de la puissance publique.

- Les sites haut-normands ne sont pas séparables. A Sandouville, compléter la production via des alliances industrielles reste d’actualité : en 2013-2014, si un véhicule utilitaire arrivera, le haut de gamme partira à Douai. Autre défi : pérenniser le savoir-faire unique de l’usine Alpine de Dieppe. Dans les deux cas, miser davantage sur le fleuve et les infrastructures portuaires et logistiques du Havre pourrait se révéler fécond.

Il en va de la filière automobile comme des autres : son redressement passe par la « compétitivité-qualité » et non par la « compétitivité-moins disant ». C’est la conviction qui cimentera le Contrat régional de développement économique (CRDE) que la Région proposera, d’ici trois mois, aux acteurs du développement haut-normand.

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One Response to L’avenir de Renault est en France et en Haute-Normandie

  1. yann says:

    sécuriser l’industrie française afin de s assurer que celle-ci va continuer à produire en france est louable, mais le nerf de la guerre n’est il pas plutot dans la capacité des régions francaises à convaincre les sociétés étrangères qui cherchent à avoir des unités de production en europe de venir s’installer chez nous? ne serait ce pas là un vrai gain de jobs si d’aventure nous étions capables de les convaincre? quels sont nos résultats en ce domaine? sommes nous compétitifs par rapport à l Allemagne ou au Royaume-Uni?

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