La Rochelle 2012 : le temps du changement est venu

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  Le travail poursuivi depuis dix ans au sein des ateliers de l’Université d’été du Parti Socialiste à la Rochelle était lié à la nature même du PS depuis 2002 : un parti d’opposition confronté à une droite libérale-autoritaire. Il s’agissait de fournir aux militants les outils pour déjouer et déconstruire les mesures de l’UMP et préparer notre arrivée aux responsabilités.



Avec François Hollande
, c’est désormais chose faite ! La gauche et les écologistes sont au pouvoir. Ce n’est pas inédit : c’est la quatrième fois depuis 1981. Mais si la gauche a gouverné régulièrement, elle n’a jamais pu agir continument. Inscrire la gauche dans la durée, concilier gestion et transformation, répondre à l’urgence et engager les réformes de structures, telles étaient les préoccupations exprimées par les militants dans les ateliers et les tables rondes organisés cette année à la Rochelle.



Ce fut particulièrement vrai lors de la séance plénière sur le redressement de l’économie que j’ai animée samedi, juste avant l’intervention de Jean-Marc Ayrault devant les Jeunes socialistes.



Etaient présents Pierre Moscovici, Arnaud Montebourg et Nicole Bricq, la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, le secrétaire national d’Europe Ecologie Les Verts Pascal Durand et l’économiste Jean-Luc Gréau. Avec les trois premiers amis, qui sont aussi ministres, nous avons présenté les futurs moyens qui seront mis en place pour encourager la reconquête industrielle du pays – la Banque publique d’investissement notamment, mais aussi la réforme fiscale, la loi bancaire, le paquet croissance obtenu par le président de la République fin juin à Bruxelles pour financer les investissements
d’avenir et les projets de la croissance durable, ou encore la loi dite « M-Real / Florange » interdisant à un grand groupe de fermer un site rentable sans avoir examiné les projets de reprise signalés au Tribunal de commerce. Nous avons également échangé sur les objectifs poursuivis par le Gouvernement lors de cette législature, notamment le rétablissement de la puissance économique française au sein d’une Europe qui innove et qui protège. Ces points furent au cœur des interventions de Marie-Noëlle Lienemann – au propos vitaminé –, Jean-Luc Gréau – « éconoclaste » – et Pascal Durand, passionnément écologiste.



De mon côté, j’ai insisté sur quelques idées
qui me semblent décisives à l’heure où la gauche entame son œuvre de redressement national.



1)     
D’abord pourquoi parler de « redressement » ? La droite a ironisé, lors de la composition du Gouvernement, sur l’usage de ce mot : elle a eu tort car s’il y a redressement avec François Hollande, c’est qu’il y a eu abaissement de l’économie et affaiblissement de la France après deux quinquennats UMP.



2)     
Le redressement, c’est combattre tous les déficits et pas seulement les déficits financiers. Lorsque sa dette constitue 86% de la richesse nationale et qu’elle est détenue aux deux tiers par des créanciers étrangers, une nation n’est pas souveraine. La lutte contre les déficits financiers est donc un enjeu politique et pas seulement une exigence comptable ou technique : si nous voulons financer les projets d’avenir (infrastructures de santé, de transports, numériques, énergétiques…) et les services publics (éducation, santé, justice, sécurité), alors il faut retrouver la maîtrise de nos marges d’action financières. Mais il y a d’autres déficits : de compétitivité (70 milliards d’euros de déficit de la balance
commerciale !), de croissance (nous sommes à deux trimestres de croissance nulle consécutifs), d’emploi (il y a presque trois millions de chômeurs dans le pays), de protection des salariés (notamment face aux licenciements), d’investissement dans la recherche, l’innovation, la formation initiale et continue (y compris dans l’enseignement professionnel et de la voie technologique sans lesquels il ne peut y avoir réindustrialisation du pays). Donc attaquons-nous aux déficits, mais à tous les déficits. C’est cela, une gauche de gestion et de transformation.



3)     
Nous ne disons pas seulement : « de nouveau la croissance ». Nous disons qu’il faut une nouvelle croissance. Son socle sera la base industrielle française que les socialistes s’engagent à défendre et développer. Son horizon, c’est la mutation écologique et l’innovation qui est bien sûr technologique, mais aussi sociale (protection et formation des salariés) et énergétique (développement des énergies décarbonées et réduction de nos consommations).



4)     
Enfin, il y a l’Europe
. L’œuvre de réconciliation entre les peuples l’a longtemps aiguillée. De Gaulle, Adenauer, Mitterrand et toute une génération politique en ont assuré l’accomplissement. Aux responsables politiques de 2012 d’édifier désormais une Europe en mouvement, offensive grâce aux investissements dirigés vers les technologies d’avenir et défensive, s’il le faut, car dans la concurrence que se livrent Etats et entreprises pour les parts de marchés et la croissance, notamment, la naïveté ne pardonne pas. C’est l’enjeu majeur de la réciprocité commerciale. La part des marchés réservés aux acteurs étrangers s’élève à 312 milliards d’euros dans l’Union européenne, contre 34 milliards d’euros aux Etats-Unis : est-ce normal ? La réponse est évidemment non.



Innovation, production, formation, protection
 : c’est le carré magique, le cœur battant de l’engagement industriel de la nouvelle majorité. Le redressement économique qui lui incombe est un travail indispensable, qui demande de l’audace – nous en avons – et du temps – il en faut, mais il y a urgence : nous inscrivons notre action dans le temps du quinquennat, alors nous rendrons compte aux Français.



L’Université d’été s’est conclue, dimanche, par l’intervention de la Première secrétaire Martine Aubry, dont le travail a été salué par tous : unité, production d’idées, rénovation, victoires locales et nationales, ponts jetés avec d’autres partis frères en Europe – et d’abord le SPD allemand : soyons fiers de ce travail mené par Martine et poursuivons-le. Comme elle l’a justement dit dans son discours – c’est l’enjeu de notre prochain congrès de Toulouse -,
« les ressorts qui ont permis à la gauche de l’emporter en 2012 sont les mêmes qui lui permettront de réussir le changement dans la durée. »




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