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Intervention au Congrès de Poitiers. Trois combats socialistes : sécurité sociale professionnelle, traité social européen, lutte pour préserver le climat

Publié le 9 juin 2015 | MON ACTION AU PS

À Poitiers, s’est déroulé du 5 au 7 juin le 77ème congrès du Parti socialiste. Dimanche, nous avons présenté une « adresse au peuple de France » qui dit à nos concitoyens notre analyse du moment, duMauroy2 travail engagé depuis trois ans et nos grandes directions d’action pour le futur. Ensemble, nous avons rendu hommage à Pierre Mauroy, grand militant, grand homme d’Etat, avant d’entendre Jean-Christophe Cambadélis. Son discours a conclu nos débats collectifs engagés depuis la mi-février, sur les contributions générales mais aussi thématiques, puis sur les motions départagées par les militants.

Camba PoitiersDans son intervention résolument tournée vers les Français, le Premier secrétaire a fixé le cap du renouveau socialiste, « réponse à la crise d’adhésion à gauche, à la crise de notre démocratie » ; présenté la feuille de route pour la modernisation de notre formation politique et la construction de l’alliance populaire, « plus mouvement de citoyens que cartel d’organisations », ouverte à « tous ceux qui veulent poursuivre les réformes, mener le combat contre la droite extrémisée et l’extrême droite, tous ceux qui veulent la réussite de la France (…), une juste répartition de la croissance, tous ceux qui veulent que revienne en France le mouvement de l’égalité » ; fixé aussi les priorités pour la réussite du quinquennat : rassembler, réformer, ajuster quand il le faut et là où il faut, avec l’égalité au cœur de l’action. C’est le sens des chantiers de l’égalité que nous avons portés, avec les camarades de la motion A et autour de Jean-Christophe Cambadélis, au cours du Congrès.

Vendredi, la journée avait été consacrée à l’Europe, sa réorientation engagée qu’il faut prolonger et amplifier : à l’issue des débats, le Congrès a adopté une résolution qui sera au cœur de la feuille de route de notre délégation lors du congrès du Parti social-démocrate qui se tiendra à la fin de cette semaine à Budapest.Valls 2

Samedi, le Premier ministre Manuel Valls est intervenu devant les délégués lors d’un discours mobilisateur. Il a mis en perspective l’action mise en œuvre et le travail qui reste à accomplir pour redresser le pays, relancer et réorienter la construction européenne, faire face aux défis et aux menaces d’un monde complexe, connecté, confus, dangereux également. Il a salué l’action du Président de la République que le Congrès a ovationné debout pour ce qui fut un moment fort du week-end.

GB PoitiersLors de cette journée de débat général où se sont exprimés les représentants des motions départagées par le vote des militants, je suis intervenu pour évoquer les socialistes au combat et proposer, parmi d’autres défis, trois combats socialistes pour les deux ans qui viennent : la sécurité sociale professionnelle pour le monde du travail, un traité social européen pour une Europe qui progresse et qui protège, l’interdiction par la France des financements, directs ou indirects, des équipements au charbon en cette année de COP21 afin de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique :

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Les socialistes au combat, les combats socialistes

 Chers camarades,

A Poitiers, nous le disons : nos combats socialistes sont des combats humains, européens, républicains.

Nous savons, avec Jaurès, depuis Jaurès, que l’engagement socialiste puise sa raison d’être dans l’accomplissement de la République.

Nous mesurons combien ce qu’on appelle « la crise » est en réalité un changement de monde. Ses mutations sont gigantesques, elles sont géopolitiques, climatiques, numériques, économiques, sociales. Notre mission historique, à nous les socialistes, à nous la gauche, c’est de faire que dans le monde nouveau, la France soit ce qu’elle est – une République sociale – pour les Français, mais aussi pour donner à la mondialisation un sens et pas seulement un cours.

Nous nous dressons face aux attaques contre la promesse républicaine menées par le bloc réactionnaire. Pour les masquer, il détourne les mots et les valeurs. Il obscurcit le débat public au lieu de l’éclairer.

On le voit à l’extrême droite. Dans sa panoplie de camouflage, elle revendique parmi d’autres habits – national, populiste – celui de républicain. Promouvoir la préférence nationale, c’est vouloir le contraire de la République, de son esprit et de ses lois. 

De son côté, il y a une semaine, le parti républicain conservateur – l’UMP – a tenu congrès. Son chef, tout en parlant de « République de la confiance », a pratiqué une rhétorique de véhémence, d’outrance, de violence. Ses dirigeants ont davantage réussi à se ressembler qu’à se rassembler. Au congrès de la droite, les Français ont vu M. Sarkozy en pire et l’UMP en pire – bref « en pire » plutôt que République. A moins que l’abrogation soit chez eux l’autre nom de la restauration.

Abroger, à droite, c’est leur mot. C’est leur slogan. C’est leur dada du matin et leur doudou du soir. C’est leur incantation. Leur péché-mignon. Avec les 130 milliards qu’ils veulent sabrer dans les dépenses d’avenir et de solidarité, l’abrogation, c’est leur programme. Le parti sarkozyste veut abroger : la loi sur le mariage pour tous, conquête pour l’égalité des droits ; mais aussi la réforme territoriale et donc les conseils départementaux avec la parité ; mais aussi le recrutement de professeurs et la réforme du collège, c’est-à-dire la priorité que nous donnons, nous, à l’éducation, premier sujet, premier projet, premier budget ; et voilà qu’en matière de santé, la droite veut supprimer le tiers payant généralisé qui sera mis en œuvre en 2017 pour que le manque d’argent ne soit plus jamais un manque de soins.

Abroger, ce n’est pas forger, casser ce n’est pas avancer. Nous, avec le Président François HOLLANDE, avec le Gouvernement de Manuel VALLS, avec nos parlementaires, pour les Français dont nous savons l’attente de résultats, les doutes, les difficultés, le souhait profond de modernisation du pays aussi, nous, nous construisons : pour redresser les finances et l’industrie plombées pendant dix ans, commencer à restituer aux Français le fruit de leurs efforts par la baisse de la fiscalité, ouvrir de nouveaux droits, investir dans la transition écologique et numérique, réorienter l’Europe.

La politique a pour tâche de bâtir, comme la République a pour vocation de rassembler et non de diviser, d’opposer, de stigmatiser. La République, ce sont des institutions et des politiques publiques, bien sûr. Mais elle d’abord un idéal, la fidélité à des valeurs, à une histoire, aux femmes et aux hommes célèbres ou anonymes qui ont fait de la France ce qu’elle est. Une nation audacieuse et généreuse, créative et productive. Une nation forte de son unité et de sa diversité, qui résout les questions qui se posent à toute société avec un principe qui n’est pas négociable – la laïcité – et un esprit – l’esprit de justice. La Constitution le dit : « la République est indivisible, démocratique, laïque et sociale ». Cette définition est la nôtre car dans la République française il n’y en a pas d’autre : cela aussi, à Poitiers, pour le présent et pour l’avenir, solennellement, nous l’affirmons.

Mes camarades, nous l’avons écrit dans la Charte pour le progrès humain issue de nos Etats généraux : la République est un projet « toujours recommencé ». Et en son cœur, il y a l’égalité. C’est pourquoi, Jean-Christophe CAMBADELIS, notre Premier secrétaire, a mis l’égalité au cœur des débats du Congrès. Je veux pour ma part évoquer 3 combats, parmi d’autres, qu’ensemble nous devons mener et faire triompher.

D’abord, et c’est l’enfant et l’élu d’un des territoires les plus industriels de France qui le dit, pour une économie forte qui crée de l’emploi. Elle passe par un soutien aux capacités des entreprises pour qu’elles investissent, grandissent, innovent, exportent, embauchent – soutien à ajuster quand il le faut et à adapter là où il faut. Décisifs aussi, les emplois d’avenir et les contrats de génération. Nécessaire, il faut le conforter, l’investissement productif, privé comme public. Et puis, il y a le grand combat, qui doit tant à Martine AUBRY, pour la sécurité sociale professionnelle.

Nous en avons posé les jalons : compte individuel de formation, compte pénibilité, droits rechargeables à l’assurance chômage. Allons plus loin. Pour que les jeunes sortis du système scolaire sans qualification. Pour l’accès à la formation des travailleurs victimes d’un licenciement. Pour que les salariés puissent se former autant que nécessaire afin de construire dans le temps un parcours professionnel. Pour que tous puissent conjuguer temps au travail et vie personnelle.

C’est tout cela, la sécurité sociale professionnelle. Nous allons continuer de la bâtir, avec l’Etat, les partenaires sociaux, les Régions. C’est un progrès qui marquera l’histoire de la République sociale. Et c’est un progrès qu’auront permis les socialistes.

L’Europe est une autre dimension de notre combat pour l’égalité. Malgré l’entrave des conservateurs, la France agit pour que la croissance et l’emploi orientent durablement les politiques de l’Union.

Des premiers acquis sont là, parfois arrachés de haute lutte dans les conseils européens : Garantie jeunesse, plan d’investissements – qu’il faut muscler –, doctrine renouvelée de la BCE, union bancaire enfin initiée, prise en compte, cher Claude BARTOLONE, de la conjoncture dans le rythme de réduction des déficits.

La réorientation doit être amplifiée car dans la décennie passée, les politiques d’austérité ont gravement, dangereusement, éloigné l’Europe des peuples. C’est pourquoi la taxation sur les transactions financières doit se concrétiser et le plus tôt sera le mieux. Et parce que l’Union ne saurait être régie exclusivement par des traités budgétaires, un traité social européen doit être élaboré et adopté. Avec un principe : la convergence sociale par le haut. Et des chantiers : assurance chômage pour tous, salaire minimum européen, clause de l’Européenne la plus favorisée pour les droits des femmes. Pour nous, socialistes, l’Europe est une grande idée et pas seulement un grand marché.

Enfin, nous sommes fiers d’être internationalistes. Le monde fait face à des défis immenses : terrorisme fondamentaliste, atteintes aux droits des femmes, manque de règles et de contrôle du système financier, mais aussi action mondiale, action vitale, contre le dérèglement climatique.

Contenir la hausse de la température moyenne de la planète en dessous de 2°C par rapport au niveau pré-industriel – je dis cela devant Laurent FABIUS qui la présidera –, c’est l’enjeu de la COP 21. Pour bâtir le premier accord universel sur le climat, socle d’une économie décarbonée, et faire que partout, les technologies et les financements suivent. Avec notamment la loi de transition énergétique portée par Ségolène ROYAL, notre pays est volontaire, exemplaire, solidaire. Puisqu’il s’agit de décarboner l’économie, je fais cette proposition devant notre Congrès : que la France, avant la COP 21, supprime effectivement les financements publics, directs et indirects, en faveur des équipements au charbon. Voilà aussi le sens de notre combat éco-socialiste.

Mes amis, mes camarades, notre Premier secrétaire l’a dit : « Le PS est un parti de débat, il doit devenir un parti de combat ». C’est pourquoi nous devons être offensifs et collectifs. C’est pourquoi nous voulons réussir l’action pour les Français. C’est pourquoi nous voulons le renouveau socialiste. C’est pourquoi nous voulons l’alliance populaire, avec la gauche et les écologistes, avec tous les citoyens qui voudront y prendre part. Un parti de combat, un parti au combat, c’est le message de Poitiers.

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