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Face au terrorisme, la force de la République

Publié le 20 juillet 2016 | Mon action nationale

Le 14 juillet dernier, la barbarie terroriste a frappé Nice et endeuillé la nation. Ce jour de fête nationale, 84 personnes ont été sauvagement, lâchement tuées, parmi lesquels dix enfants et adolescents.

Nous pensons aux victimes qui sont tombées, à leurs familles et à leurs proches. Nous pensons à tous les blessés qui, aujourd’hui encore, luttent pour la vie et pour leur santé. Nous pensons à toutes les victimes des attentats qui, face aux images, revivent l’horreur éprouvée. Nous saluons le dévouement et le courage des forces de sécurité, policiers et gendarmes, des services de secours, des personnels soignants, des associations, des bénévoles, mobilisés sur le terrain. C’était le sens de l’hommage rendu cet après-midi par la représentation nationale dans l’hémicycle.

état d'urgenceL’état d’urgence va être prolongé. Cette nuit, à l’issue d’un débat de plus de sept heures, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi prorogeant l’état d’urgence par 429 voix, dont la mienne, contre 26 et 4 abstentions.

Concrètement, il s’appliquera en métropole et en outremer pour une durée supplémentaire de six mois, conformément aux travaux issus de la Commission des lois. L’état d’urgence permet de mobiliser des moyens exceptionnels dans le cadre de l’Etat de droit, sous le contrôle du juge administratif. Il renforcera les dispositifs de contrôle et d’enquête afin de donner les moyens à la police et à la justice d’être le plus efficaces possible : les perquisitions administratives seront de nouveau autorisées ; un cadre permettra la saisie et l’exploitation des données électroniques contenues dans les ordinateurs ou les téléphones découverts à l’occasion d’une perquisition ; si une perquisition révèle l’existence d’un autre lieu fréquenté par la personne visée, un droit de suite permettra par ailleurs d’y réaliser immédiatement une autre perquisition.

Lors de la discussion en séance, des amendements issus des groupes de la majorité comme de l’opposition ont été adoptés. Par exemple, il sera possible, en régime d’état d’urgence et lors des contrôles d’identité, de procéder à des fouilles de bagages et de véhicules sans instruction du procureur de la République même si le propriétaire ne donne pas son accord. Autres évolutions : la suppression de toute automaticité de réduction de peines en matière de terrorisme et le renforcement du contrôle parlementaire de la mise en place de l’état d’urgence. Il revient maintenant – aujourd’hui même – au Sénat d’examiner le texte.

Le Premier ministre l’a dit en séance hier soir : « L’état d’urgence est une réponse puissance contre le terrorisme. Ce n’est pas la seule. Elle s’inscrit dans une stratégie globale ». Dans la période tragique que vit notre pays, nous avons à agir pour protéger les Français et à nous unir autour des valeurs de la République. Il faut faire preuve de dignité dans le débat, de détermination dans l’action et dire la vérité sur la menace : elle est extrêmement élevée, avant-hier encore, en Allemagne, elle a frappé. La menace, celle du terrorisme djihadiste, est à la fois extérieure et intérieure.

Nous affrontons une organisation terroriste, Daech, dotée de capacités militaires, financières et de propagande d’une ampleur inédite. Dans la perspective d’établir un califat au Levant, elle a conquis par la violence extrême une partie de l’Irak et de la Syrie où elle impose aux populations asservies son joug et sa vision dévoyée, fanatisée, de l’islam. Aucun continent n’échappe à la menace, aucun pays n’est à l’abri. Ces derniers mois, ces dernières semaines, de nombreux pays ont payé un lourd tribut : l’Indonésie, la Belgique, le Bangladesh, les Etats-Unis, le Cameroun, la Turquie, l’Arabie saoudite, l’Irak.

Dans un article intitulé « Qui est l’ennemi ? » paru au printemps dernier dans la revue Commentaire, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a décrit la situation : « C’est bien Daech qui nous a déclaré la guerre, en nous désignant comme son ennemi, en paroles et en actes (…) pour Daech, il est clair que nous faisons partie des ennemis structurels, des ennemis objectifs. (…) Il inscrit ce combat dans une vision eschatologique pseudo-islamique qui fanatise ses membres. Quoi que nous fassions, nous sommes ciblés d’abord pour ce que nous sommes et pour ce que nous représentons ».

Au sein de la coalition internationale, nos forces armées combattent les groupes djihadistes, Daech et ses ramifications, d’autres organisations encore, dans leurs repaires au Sahel et au Levant. Au Levant, précisément, depuis septembre 2014, les forces françaises de l’opération Chammal ont réalisé plus de 4 000 sorties aériennes, procédé à près de 800 frappes militaires et détruit plus de 1 200 objectifs. Le Président de la République a annoncé l’intensification des opérations et, dès le 13 juillet, le soutien accru aux Irakiens dans l’objectif de reconquérir Mossoul. A l’automne, le groupe aéronaval, avec le porte-avions Charles-de-Gaulle, sera de nouveau déployé. Sur le terrain, Daech enregistre des reculs significatifs. Aujourd’hui et demain, les pays membres de la coalition se réunissent à Washington pour pousser jusqu’au bout l’offensive en cours et concentrer les frappes sur les épicentres de Daech à partir desquels s’organisent ses commandos terroristes. Le combat se déroule aussi en Libye où trois militaires français sont morts. Nous saluons leur mémoire et leur courage et disons notre reconnaissance à nos soldats qui portent nos couleurs et nos valeurs.

Nous combattons aussi sans répit la menace sur le territoire national. Face à nous, il y a le fanatisme prêt à toutes les lâchetés, animé par une idéologie de mort, dont les modes opératoires, les processus, les parcours de radicalisation sont divers et muent en permanence. Le combat sera long et difficile, chacun le sait. Nous le menons avec une détermination sans faille.

Dans la nuit du 14 juillet, outre la prorogation de l’état d’urgence, le Président de la République et le gouvernement ont maintenu à un haut niveau l’opération Sentinelle – 10 000 militaires seront déployées en priorité au contrôle des frontières et des flux de personnes (gares, aéroports, péages… ) ainsi qu’à la sécurisation des grandes rassemblements et événements estivaux – et voulu la mobilisation de la réserve opérationnelle de la police nationale et de la gendarmerie : elle représente un effectif de 15 500 volontaires pour renforcer la sécurité du territoire.

Ces décisions s’inscrivent dans des actes forts et concrets depuis 2012 : trois lois antiterroristes et une loi sur le renseignement ont été adoptées par le Parlement dans une très large majorité – la dernière, celle du 3 juin dernier, renforce la lutte contre le crime organisé, le terrorisme et leur financement.

Nous avons considérablement renforcé les moyens humains, budgétaires, technologiques et juridiques des services de police et de renseignement. Nous aurons créé en l’espace de cinq ans 9 000 postes supplémentaires de policiers et de gendarmes alors que leurs effectifs avaient diminué de 12 500 postes entre 2007 et 2012. De même, durant l’actuelle mandature, 7 000 emplois auront été créés dans la Justice et plus de 1 000 postes dans les Douanes. Nous avons eu le souci constant des moyens, et d’abord des moyens humains, pour mieux protéger.

A la répression du terrorisme, s’ajoute l’action en matière de prévention : la plateforme de signalement de radicalisation mise en place depuis avril 2014 a permis, grâce aux signalements recueillis, d’empêcher de nombreux départs et d’agir avant le basculement irrémédiable de jeunes individus dans la radicalisation violente. En mai dernier, le Premier ministre a présenté 80 mesures pour lutter contre la radicalisation, avec notamment la création dans chaque région d’un centre d’insertion et de citoyenneté. Le premier ouvrira en septembre en Indre-et-Loire.

Nous avons aussi repositionné et consolidé notre dispositif de renseignement territorial ; il avait été injustement sacrifié en 2008 lorsque les Renseignements généraux avaient été supprimés.

Face à une menace protéiforme à laquelle il faut constamment s’adapter, l’ensemble de ces décisions a permis et permet de forger un arsenal face au défi posé à la nation et de permettre à nos forces de sécurité qui se battent chaque jour d’obtenir des résultats. Depuis 2012, 16 attentats ont été déjoués. Depuis le début de cette année, 160 individus en lien avec des activités terroristes ont été arrêtés. Plus de 950 personnes font aujourd’hui l’objet d’investigations de la part de la juridiction antiterroriste. Par ailleurs, comme l’a dit le Premier ministre hier soir à l’Assemblée, « le Gouvernement a recours à toutes les mesures administratives qui s’imposent : expulsion des étrangers qui prêchent la haine et la violence, interdiction d’entrée ou de sortie du territoire, gel des avoirs financiers ». Depuis quatre ans, 80 arrêtés d’expulsion ont été pris à l’encontre d’individus affiliés à l’islamisme radical. 10 mosquées ou salles de prières ont été fermées. Les individus binationaux condamnés pour des faits de terrorisme ont été déchus de leur nationalité.

La France a agi pour renforcer la lutte contre le terrorisme à l’échelle de l’Europe. C’est une dimension essentielle. Quatre avancées majeures – pour certaines attendues de longue date – ont été obtenues grâce à l’engagement de notre pays auprès de nos partenaires et des instances européennes : des contrôles approfondis et systématiques aux frontières extérieures de l’Union, y compris pour les ressortissants européens, avec la création à venir d’un corps de garde-frontières et garde-côtes européens ; l’adoption définitive du PNR européens pour mieux détecter les mouvements des djihadistes dès la réservation des billets d’avion et les empêcher d’agir ; le renforcement des échanges d’informations au plan européen avec des fichiers alimentés de façon plus systématique encore ; un plan de lutte contre le trafic d’armes à feu, notamment en provenance des pays de l’Est qui sont la principale source de provenance des armes utilisées par les terroristes.

            Au lendemain de la terrible attaque survenue à Nice, notre peine est immense et notre détermination est totale. C’est dans la République que nous puisons notre force pour mener et remporter cette guerre : dans l’Histoire et face aux épreuves, ses valeurs ont éclairé et rassemblé la patrie, elles ont permis au peuple des citoyens de trouver l’ardeur pour l’emporter.

              La République, c’est ne jamais céder sur nos principes, ceux de l’Etat de droit, qu’énonce et garantit notre ordre constitutionnel.

             La République, c’est l’exigence pour les responsables politiques d’action résolue pour protéger les Français et les libertés, et de dignité dans le débat public qui ne gagne rien aux surenchères ni aux invectives.

            La République, c’est pour les citoyens transformer l’inquiétude ou la peur en vigilance citoyenne, en engagement pour le collectif – à travers la réserve opérationnelle, la réserve citoyenne, le bénévolat, le lien humain tout simplement à nouer, à préserver. Bruno Le Roux, président du groupe SER, a également souligné dans son discours à l’Assemblée hier soir que c’est aussi « en retissant les liens sociaux là où ils sont distendus que nous arriverons à mieux repérer les individus fragiles et susceptibles de passer à l’acte ».

            La République, c’est la liberté qui n’est pas l’individualisme, l’égalité qui doit être réelle et d’abord entre les femmes et les hommes, la fraternité qui est le rempart au communautarisme, la laïcité qui, face aux intégrismes, est un principe unificateur et émancipateur garantissant la liberté de croire ou de ne pas croire et affirmant que la foi s’exerce dans le domaine privé mais qu’elle ne remplace pas la loi.

             La République, c’est refuser avec la même vigueur le racisme, la xénophobie, les discours de haine, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve les évoque dans Le Monde aujourd’hui, qui consistent à « susciter et entretenir la division dans le pays en ciblant tous les musulmans de France, sous couvert de dénoncer les islamistes ».

            La République, c’est l’unité autour de nos valeurs et de nos principes. Le Président de la République l’a rappelé hier : « Que cherche le terrorisme ? Il cherche à nous diviser, à nous séparer, à nous opposer, à susciter la haine, la suspicion, la querelle, la vindicte (…) Nous savons que ce sont des ferments qui existent dans toute société humaine, notamment la nôtre, forcément la nôtre. Alors ce qui doit être plus fort que tout, c’est la France. Ce sont les Français ». La cohésion nationale n’est pas une proclamation, c’est une action. Elle est une arme contre le terrorisme. Elle est un rempart à l’obscurantisme. Elle est notre force commune, la force de notre unité dans et par la République.

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