Sarkozy, discours agitations

Publié le 4 mars 2010 | Communiqués 2010, MON ACTION AU PS

Paris, le 4 mars 2010

Communiqué Martine Aubry, Première secrétaire du Parti socialiste, Guillaume Bachelay, secrétaire national à l’industrie, aux entreprises et aux nouvelles technologies, Aurélie Filippetti, secrétaire nationale aux questions énergétiques

Sarkozy sur l’industrie : les discours et l’agitation ne viendront pas compenser l’absence de politique industrielle depuis 2002

Les déclarations grandiloquentes, les coups de menton et les convocations à répétition des patrons de multinationales à l’Elysée ne remplaceront jamais une politique industrielle de long terme. Cette politique manque à la France depuis 2002 et N. Sarkozy n’a rien fait depuis 2007 pour y remédier.

Ces dernières années, un demi-million d’emplois industriels ont été détruits, alors que 70 000 avaient été créés entre 1997 et 2002, quand la gauche était au pouvoir, preuve qu’il n’y a pas de fatalité. Il est vrai qu’à l’époque, l’action du gouvernement avait permis d’améliorer l’attractivité de la France (doublement des investissements directs étrangers entre 1997 et 2002), de constituer des champions européens et mondiaux (EADS, Renault-Nissan, Areva) et d’agir pour la réindustrialisation.

Ce énième discours présidentiel n’est pas d’intérêt général, mais de pure opportunité électorale. Personne n’est dupe, à commencer par les salariés et les entrepreneurs dans la tourmente : à dix jours des régionales, le président de la République cherche occulter l’abandon industriel dont les libéraux sont responsables.

Il y a dix jours, nous avons présenté 54 propositions pour une nouvelle ambition pour l’industrie. Le chef de l’État aurait été avisé de s’en inspirer.

Plutôt que de multiplier les micro-mesures et les micro-fonds, la France a besoin d’une politique pérenne avec un pôle public d’investissement industriel (2P2I) qui permettrait à la puissance publique, nationale, mais aussi européenne et régionale, de participer dans le long terme à l’orientation stratégique de l’industrie et de ses filières.

Au lieu d’une énième reconfiguration du CODEVI, qui ne fera qu’accroître les niches fiscales et les revenus des banques, mieux vaudrait commencer par imposer des règles strictes aux banques pour ouvrir les vannes du crédit, notamment aux PME et aux entreprises de taille intermédiaire (ETI). Il est vrai qu’ayant aidé les banques sans rien exiger d’elles en échange, le gouvernement Sarkozy-Fillon a toujours refusé d’encadrer l’activité bancaire.

Si cela n’était pas une question sérieuse, cela prêterait presque à sourire d’entendre le Président de la République demander que les administrateurs de l’Etat jouent leur rôle dans les entreprises. N. Sarkozy est le plus haut représentant de l’Etat. Il ne tenait qu’à lui de leur faire jouer leur rôle ! Il est à craindre qu’il en aille de cette promesse comme de celle de la taxation des bonus… Et faut-il rappeler qu’en ce moment même, près de Caen, un site de ST Ericsson lutte contre sa fermeture alors que l’Etat est au capital de la maison-mère ? Sous oublier la manière dont l’Etat s’est distingué récemment par son rôle dans les conseils d’administration de Renault, d’EDF, de France Telecom ou d’AREVA.

Alors que de nombreux dispositifs actuels ne sont pas suffisamment efficaces, qu’il conviendrait de les simplifier et de les mutualiser avant d’instaurer de nouveaux outils que les entrepreneurs qui se démènent contre la crise n’ont guère le temps d’apprivoiser, les leçons n’ont manifestement pas été tirées par N. Sarkozy. Rien n’est envisagé sur la nécessité de mieux cibler le crédit impôt recherche qui est souvent utilisé comme une niche fiscale par des grands groupes qui n’en ont aucun besoin. Pas un mot sur l’urgence d’améliorer la gouvernance des pôles de compétitivité, en donnant un vrai rôle d’orientation aux régions et à l’Etat.

L’industrie a besoin de visibilité et d’efficacité. Cela suppose un préalable : replacer la logique industrielle, celle des hommes et des savoir-faire, devant la logique financière de rentabilité immédiate. Le Parti socialiste a fait des propositions, notamment la modulation de l’impôt sur les sociétés en fonction des bénéfices réinvestis. Il a demandé que toutes les aides publiques soient soumises à des conditions claires en matière de salaires et de formation. Il a aussi proposé des mesures énergiques pour décourager les fermetures de sites pour des raisons purement financières (renchérissement du coût des licenciements et obligation de reclassement, possibilité de mise sous tutelle judiciaire temporaire des entreprises en cas de tentative de pillage l’outil de production par les actionnaires).  L’absence de propositions dans ces domaines montre que la logique libérale conduit toujours l’action du gouvernement Sarkozy-Fillon et qu’il fait l’impasse sur l’humain.

En matière européenne, M. Sarkozy se contente de répéter ce qu’il a déjà dit avant d’être Président de la République et qu’il a totalement échoué à mettre en œuvre depuis, y compris lorsqu’il exerça la présidence de l’Union européenne, faute notamment d’une diplomatie crédible et d’une réelle volonté de réorienter la politique communautaire en matière fiscale, budgétaire, monétaire et commerciale. Le Parti socialiste réitère ses propositions, présentées dans le rapport intitulé « Refaire de la France une grande nation industrielle, proposer aux Européens un modèle de production social-écologique », disponible sur www.parti-socialiste.fr.
 
Il rappelle également l’engagement fort des régions socialistes en faveur de l’industrie : création dans chaque région d’un fonds régional pour les PME (FR-PME) pour soutenir et développer les entreprises et réindustrialiser les sites, 50 000 « contrats d’appui et de développement » pour les jeunes entreprises, des aides directes pour le soutien aux PME, le développement de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises, 3% du budget des régions consacré à la recherche et à l’innovation. Ces engagements, inscrits dans le « Contrat socialiste », seront au cœur de l’action des Régions de 2010 à 2016.

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