Changement 2012 : Les Français ont le projet socialiste.

Publié le 29 mai 2011 | MON ACTION AU PS, Secrétaire National

guillaume-bachelay-conseil-national-le-changement-2012Ce samedi, à Paris, à la Halle Freyssinet (Paris 13e), les socialistes ont adopté leur projet pour 2012 à l’unanimité. Plus de 1500 personnes rassemblées, une ambiance magnifique, une immense attente – oui, les socialistes sont prêts. A proposer une autre politique aux Français. A réorienter l’Europe. A redonner ses couleurs à la République. Comme rapporteur général du projet, j’ai ouvert les débats de l’après-midi.
 
Guillaume BACHELAY
Convention nationale du projet socialiste
Paris – 28 mai 2011

Chers camarades, chers amis,
nous sommes rassemblés ici, aujourd’hui, pour adresser au pays un message simple : les socialistes sont prêts. Notre projet a été adopté à l’unanimité par nos instances nationales, plébiscité dans les sections par les militants qui l’ont enrichi, le voilà présenté à notre Convention. Après 2 ans de travail collectif, à un an du grand rendez-vous de 2012, le projet est notre force.

Il est une force car il a mobilisé les énergies. Son élaboration a commencé avec les Français et sa conclusion se fait parmi eux : du Tour de France il y a 18 mois aux « Rencontres du Changement » dont 130 ont eu lieu ces dernières semaines, des milliers de citoyens ont participé à nos débats. Nous avons accordé toute leur place aux acteurs de la société – associations, syndicats, organisations professionnelles, entrepreneurs, chercheurs, artistes ont été au cœur des 4 Conventions et des 8 Forums qui ont jalonné notre démarche.


Discours de Guillaume Bachelay à la convention… par PartiSocialiste

Jusqu’au bout, jusqu’à hier, réunis en Commission des résolutions, nous avons travaillé pour offrir le meilleur projet aux Français.

170 amendements issus de plus de la moitié des fédérations ont été retenus pour compléter et renforcer nos propositions. Je veux mettre particulièrement en avant certaines d’entre elles, qui font écho aux inquiétudes et aux espoirs de tant de Français : l’amélioration du statut des presque 3 millions de travailleurs non salariés (à l’initiative de la Charente-Maritime), la revalorisation des pensions des femmes qui ont eu des carrières courtes et qui sont pénalisées par le régression Sarkozy sur les retraites (priorité portée notamment par les Bouches-du-Rhône), le soutien accru à l’économie sociale et solidaire (demandé par les Landes et d’autres), le renforcement des moyens pour les associations de planning familial (à la demande du Nord), mais aussi la composition paritaire du gouvernement (suggéré par la Haute-Garonne), le refus du pacte d’austérité européen (porté entre autres par la Seine-Maritime), l’autorisation pour la BCE de financer la dette souveraine des Etats membres de la zone Euro (l’Ardèche et beaucoup d’autres l’ont justement préconisé) – et, objectif martelé par de très nombreuses fédérations, le vote au Parlement dès le début de la législature du retrait des troupes d’Afghanisan où aucune solution militaire n’existe.

Pendant tout ce temps, certains beaux esprits nous ont critiqués et même raillés : « ils font quoi les socialistes ? ». Ils le disaient sur les ondes le matin, le répétaient sur les écrans en soirée, et pour être sur d’être compris ils publiaient des tribunes le week-end… Ces belles personnes parlaient de nous comme d’un « astre mort », « un grand cadavre à la renverse » et autres joyeusetés morbides.

Aujourd’hui, le Parti socialiste est bien vivant et son projet est le cœur battant du débat public ! Ce que nous faisions pendant ces 2 ans ? Nous suivions la feuille de route de notre Première secrétaire, ce que firent avant nous Léon Blum en 36, François Mitterrand pour 81, Lionel Jospin avant 97. Imaginer, travailler, ordonner, financer – voilà ce qui fait la crédibilité ! Nous sommes les premiers, à ce jour les seuls, à dire aux Français : « si vous nous faites confiance, voilà ce que nous ferons pour vous, voilà ce qui changera avec nous ».

Chers camarades, notre projet – c’est une autre force – tire les leçons de l’expérience.

Il ne peut y avoir prise de pouvoir sans prise de conscience. Prise de conscience de quoi, au juste ? Des graves crises, des grandes crises que nous vivons et qui sont loin d’être achevées, n’en déplaise aux agents du sarkozysme radieux et de la mondialisation heureuse – ce sont souvent les mêmes… Nous savons la gravité de la crise du capitalisme financier et de ses dégâts. C’est pourquoi nous agirons pour mieux répartir la richesse entre ce que dévore le capital et ce que mérite le travail : c’est la surtaxe qu’acquitteront les banques et les établissements financiers pour préserver le régime solidaire des retraites ; c’est la taxation sur les transactions financières en Europe (dont la place de Londres ne saurait s’exonérer) ; c’est la lutte contre les paradis fiscaux et pour un nouveau panier des monnaies au plan international.

Nous mesurons aussi l’ampleur de la crise environnementale et climatique qui menace la planète : nous allons adopter aujourd’hui le 1er projet social-écologique de notre histoire. Avec un vaste plan d’isolation thermique des logements. Avec l’investissement dans les transports collectifs. Avec l’encouragement aux éco-industries et aux circuits courts agricoles. Avec le coup d’arrêt à l’étalement urbain et 150 000 logements sociaux par an aux normes Bâtiment Basse Consommation. C’est une stratégie globale qui sera déployée. Ces 2 leviers s’appellent la fiscalité (incitative pour les comportements vertueux, dissuasive pour les pollueurs) et l’Europe sans laquelle nous ne pouvons concevoir la transition énergétique française que nous appelons de nos vœux, ni sécuriser nos approvisionnements – c’est le sens de la Communauté européenne des énergies que nous proposerons à nos partenaires.

guillaume-bachelay-conseil-national-le-changement-2012-adherentsL’Europe précisément, notre projet ne fait pas comme si elle n’était pas en crise. Depuis trop longtemps, l’Europe se perd dans le triangle des Bermudes Dérégulation-Déréglementation-Délocalisations, alors que les peuples attendent un triangle d’or Innovation-Production-Protection. Innover, dans le projet socialiste, c’est permettre à l’Union d’emprunter pour financer ses infrastructures d’avenir – énergies renouvelables, biotechnologies, numérique. Produire suppose d’instaurer enfin une politique économique harmonisée de la zone euro, ou encore créer un serpent fiscal pour faire converger nos taux d’imposition sur les sociétés. Et puis protéger signifie la réciprocité commerciale afin que soient respectées par les nations ou les entreprises qui veulent échanger avec nous les normes sanitaires, sociales et environnementales que nous imposons aux chefs d’entreprises et aux salariés européens. Il n’y aura pas de redressement national sans redressement européen, et pas de redressement européen sans renforcement du ciment franco-allemand. Chacun devra faire un effort pour muscler l’Europe dans la compétition internationale : nous Français par une économie plus productive, nos amis allemands par une politique plus collective. C’est ainsi que l’Europe retrouvera le coeur des peuples et qu’elle sera autre chose que le continent-musée de la mondialisation !

Et puis, il y a la crise démocratique, qui résulte de toutes les autres. Ce désenchantement citoyen, M. Sarkozy n’y est pas étranger : promesses non tenues et temps perdu auront marqué son quinquennat. Mais il y a plus, qui remonte à plus loin : c’est le drame du bulletin de salaire qui n’augmente pas, c’est le constat que le bulletin de vote ne pèse pas – en tout cas pas assez… En 2012, nous devons une revanche au peuple français : revanche sur le chômage, sur les inégalités, sur la désindustralisation, sur l’oubli des valeurs républicaines et des contre-pouvoirs.

Chers camarades, notre projet permettra de réparer les dégâts du sarkozysme et de faire redémarrer le progrès.  Depuis 2002, la droite a sacrifié l’avenir pour préserver les intérêts immédiats de ses clientèles et elle a fait reposer les efforts sur les mêmes, catégories populaires et classes moyennes. Le changement à gauche, ce sera le redressement du pays par la justice et pour le futur.

Nous avons des priorité claires.
- Alors que la droite a supprimé l’ISF pour 300 000 familles fortunées, nous rendrons la fiscalité des ménages et des entreprises plus progressive et nous soumettrons les revenus du capital, les bonus, les stock-options au même taux d’impôts que les revenus du travail.
- Alors que le chômage des jeunes est massif en France, nous créerons pour eux 300 000 emplois d’avenir dans les domaines de l’innovation sociale et environnementale.
- Alors que 80 000 emplois ont été rayés d’un trait dans l’Education, nous proposerons un nouveau pacte éducatif qui passera par un moratoire sur les suppressions de postes et par une concentration des moyens vers le primaire, les premiers cycles d’enseignement supérieur et la revalorisation du métier d’enseignant. Nous, les socialistes, nous réhabiliterons ce beau mot : « enseignant » !
- Alors que près d’1 Français sur 2 renonce à se soigner faute de moyens, nous remettrons l’hôpital public au cœur du parcours de soins, développerons les maisons de santé, inciterons les jeunes médecins libéraux à exercer en début de carrière dans les zones  manquant de praticiens et nous ferons appel à la solidarité nationale pour prendre en charge la dépendance.
- Et puis, parce que 8500 policiers et gendarmes ont été supprimés en 4 ans sur le territoire national, nous créerons 10000 emplois dans la chaîne pénale – police et justice sont inséparables –, mettrons en place une police de quartiers, améliorerons l’accueil des victime et n’oublierons pas, nous, que dans « sécurité routière », il y a sécurité…

Nous sommes en train d’élaborer un calendrier précis – c’est le sens du travail que coordonne actuellement Laurent Fabius pour donner à notre projet sa traduction gouvernementale dès la première année. Etre prêts, c’est être précis ! Sans préjuger de sa conclusion à l’automne, s’y trouvera ce que dit déjà notre texte. Dans les 12 premiers mois du Gouvernement de la gauche,
- 150 000 premiers emplois d’avenir seront lancés pour les jeunes ;
- la banque publique d’investissement sous forme de fonds régionaux sera créée au service de notre industrie, de nos PME, de notre recherche ;
- une Conférence nationale sur les salaires réunira l’Etat, les syndicats et le patronat pour d’établir notamment l’égalité salariale et professionnelle entre les hommes et les femmes ;
- un nouvel acte de la décentralisation sera lancé ;
- la réforme des retraites que nous avons promise aux Français sera engagée, ce qui veut dire, concrètement, le rétablissement de l’âge légal de départ à 60 ans et de l’âge de départ sans décote à 65 ans ;
- un référendum sur les pratiques démocratiques sera organisé. Dose de proportionnelle aux élections législatives, stricte limitation du cumul des mandats, présence des salariés dans les conseils d’administration et les comités de rémunération des grandes entreprises – de tous ces enjeux et de beaucoup d’autres, les Français seront saisis.
Nous présentons un projet financé. Nous trouverons les finances publiques les plus dégradées depuis la Libération. En 2012, les marges d’action ne seront pas celles de 2007, encore moins celles de 2002 ! En 10 ans, la dette a doublé pour atteindre 90 % du PIB. Outre l’ardoise Sarkozy, il y aura les bombes UMP : les intérêts de la dette (6 milliards d’euros), la facture du Crédit Lyonnais (4 milliards), le reliquat du bouclier fiscal (pour 700 millions). Pour la santé des finances publiques, mieux vaut succéder à Jospin qu’à Raffarin, à Villepin et à tous les « in » – Sarkozin, Fillin et les autres ! C’est pourquoi nous devons être ambitieux et sérieux : tout ne sera pas possible tout de suite mais nous savons, nous disons comment financer ce que nous ferons. Et nous assumons notre priorité au désendettement du pays ! Oui, nous préférons, nous, rémunérer des professeurs, former des infirmières, recruter des policiers que payer des intérêts sur la dette aux marchés financiers. C’est cela aussi, retrouver de la souveraineté politique !

Dernière force – non la moindre – de notre projet : il permet le rassemblement de la gauche et des écologistes. Sous l’autorité de notre Première secrétaire, des discussions sont engagées avec nos partenaires ou le seront dans les prochaines semaines. Le contrat de gouvernement, c’est l’essentiel ! Inspirons-nous de la méthode qui a prévalu aux dernières  régionales : permettre toutes les convergences possibles et ne pas craindre les divergences. En 2010, l’unité dans la diversité, les Français ont aimé ! C’est une marque de respect du peuple, de nos partenaires, de nous-mêmes. D’autant qu’à bien y regarder, et d’abord au plan local, l’unité programmatique de la gauche n’a jamais été aussi grande : nouvel interventionnisme face au marché et conditionnalité des aides publiques, mix-énergétique, services publics, réorientation de l’Europe – ces exigences sont aujourd’hui le patrimoine commun de la gauche.

Chers camarades, 3 courtes remarques pour terminer – qui sont aussi les 3 convictions qui m’ont animées, avec tous ceux qui m’ont épaulé, pour élaborer notre projet.

Il n’y aura pas de majorité politique sans majorité sociale. Nous serons le gouvernement de la Nation tout entière, mais nous pensons que servir l’intérêt général suppose de bâtir une nouvelle alliance des producteurs et des créateurs, de ceux qui vivent ou qui voudraient vivre de leur travail, contre la rente et la spéculation. Ouvriers, employés, chefs d’entreprises, professeurs, chercheurs, artisans, commerçants, agriculteurs, c’est pour vous que nous nous battons ! Ceux qui voudraient faire sans vous ne changeraient rien du tout !

Ma deuxième remarque concerne le lien entre le projet et la candidature présidentielle. A chaque réunion que j’ai animée dans les départements, la question a été posée. Et ma réponse n’a jamais varié : quand on veut porter les valeurs et les couleurs socialistes, on est fier et on est fort en portant le projet socialiste.

Enfin, ou plutôt surtout, il y a la République. Parce qu’elle a été abîmée ces dernières années, nous lui redonnerons sa vocation universelle et émancipatrice. Réapproprions-nous dans la campagne et surtout au pouvoir le rôle de l’école dans la transmission des valeurs et du savoir, l’égale sécurité pour tous, la passion de la laïcité. La chance de la gauche, c’est la République et la chance de la France, c’est la France.

Chers camarades, le message du 28 mai, le voici : nous avons un projet – mieux : les Français ont le projet socialiste.

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One Response to Changement 2012 : Les Français ont le projet socialiste.

  1. Cyril Videau says:

    Tout ceci me semble très bien. Juste ou ou deux bémols : sur les retraites il faut dire clairement que la durée de cotisation doit augmenter parallèlement à l\’augmentation régulière de l\’espérance de vie (en prenant en compte la pénibilité des métiers bien sûr, c\’est pas pareil pour un cadre et un ouvrier) et sur l\’Afghanistan la France ne peut pas lâcher ses alliés de l\’OTAN et le gouvernement afghan alors que la mission n\’est pas terminée : donc à partir de 2012-2013 on va peut-être retirer progressivement nos \ »troupes de combat\ » mais il faudra probablement que des soldats français soient encore engagés dans des missions de formation de l\’armée afghane (même chose pour la police afghane), car je ne suis pas certain que celle-ci soit aujourd\’hui capable d\’assurer toute seule la sécurité et la souveraineté de l\’Afghanistan. Il faudra donc encore accompagner le peuple afghan pendant quelques années, avec des moyens civils mais aussi militaires.

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