Aux cotés des salariés de Petroplus / Petit-Couronne

Publié le 4 septembre 2012 | En Région, Mon action nationale

p1020790Ce matin, le Tribunal de Commerce de Rouen se prononçait sur les propositions de reprise de la raffinerie. Une fois de plus, les salariés se sont mobilisés et comme c’est le cas depuis près d’un an, j’étais présent à leurs côtés, solidaire et volontaire.


Après avoir garé mon véhicule, en cheminant vers le tribunal, je suis interpellé par un homme qui me reconnait et voit, dans ma main, l’écharpe tricolore que les organisations syndicales ont demandé aux élus présents de bien vouloir porter. « Vous savez où c’est, le rendez-vous pour l’audience des Petroplus ? » Je lui propose de m’accompagner, il me raconte : « aujourd’hui, j’habite dans l’Eure, mais je suis un ancien de la Shell. Alors je viens les soutenir. C’est tellement important de garder notre industrie. »


p1020769Ce Monsieur a tout dit : la solidarité des retraités du site avec ceux qui y sont aujourd’hui employés – certains ont vu leur père, voire leur grand-père y passer leur vie de travail ; le rôle de Shell, propriétaire historique du site et qui l’a cédé à Petroplus au printemps 2008 selon des conditions approuvées par Christine Lagarde, alors ministre de l’Économie ; enfin, l’enjeu qui dépasse la Seine-Maritime et sa zone d’activité en front de Sud3, celui de la bataille d’intérêt général français et européen contre la désindustrialisation, le refus de voir notre pays et ses territoires devenir une sorte de parc d’attractions dans la mondialisation sans usines, bureaux d’études ni laboratoires de recherche. Ce qui se passe a Petit-Couronne est l’un des théâtres de ce combat pour l’emploi, la production, l’économie réelle contre la finance, le taux de retour sur investissement a deux chiffres a court terme, la délocalisation des savoir-faire humains et technologiques. Un chiffre dit tout : quand je suis né, en 1974, la France comptait 24 raffineries ; trente-huit ans plus tard, elle n’en conserve qu’une dizaine et, ces dernières années, le rythme s’accélère.


p1020789 A 9h45 devant l’entrée du tribunal, quelque deux-cents personnes sont déjà présentes. Nous sommes plus nombreux que lors de la précédente audience, le 24 juillet dernier. Des salaries, bien sûr, et leurs représentants – Yvon, Alain, Jean-Luc, Nicolas, Laurent, Éric et les autres – qui se sont mobilisés sans relâche depuis que fin décembre, a été annoncée la cessation de paiement puis, en janvier, le dépôt de bilan. Il y a aussi de nombreux présents : Christophe Bouillon et Luce Pane, mes collègues a l’Assemblée, Dominique Randon, le maire de Petit-Couronne et vice-président du Département avec de nombreux collègues du Conseil municipal, Patrice Dupray, maire de Grand-Couronne, et son premier adjoint Michel Lamazouade, Frédéric Sanchez, le Président de la CREA, Djoude Merabet, maire d’Elbeuf, Nicolas Rouly, maire-adjoint et conseiller général de Grand-Quevilly, ainsi que Ludovic Delesque, conseiller général de Rouen, Olivier Mouret, adjoint au Maire de Rouen, ou encore Laurent Bonnaterre, conseiller municipal de Caudebec-les-Elbeuf. D’autres collègues et amis ont fait le chemin depuis le département voisin : Daniel Leho, maire de Thuit-Signol, et Bruno Questel, Maire de Bourgtheroulde-Infreville. Et d’autres encore sont là, du Parti socialiste et d’autres formations s de la gauche. Ce rassemblement des élus locaux est un magnifique soutien apporté aux salariés et à leurs familles. C’est un atout puissant pour bâtir l’avenir industriel de la raffinerie.

p1020802A 10h, alors que les délégués de l’intersyndicale montent les marches qui mènent vers la salle d’audience, quelques prises de parole se succèdent. Comme député de la circonscription, j’insiste sur notre unité qui a déjà permis d’obtenir des avancées, de franchir les obstacles les uns après les autres :
- la loi dite Petroplus arrachée de haute lutte en février dernier au Parlement pour que soient préservés les stocks de produits finis et que le produit de leur vente alimentent un fonds de garantie pour les salariés ;
- le contrat de processing avec Shell effectivement mis en place par le Gouvernement Ayrault au printemps qui a permis, grâce à l’excellence des savoir-faire humains et industriels sur le site, de le faire redémarrer et de prouver ainsi son attractivité aux éventuels repreneurs ;
- enfin, la création d’un groupe de travail sur l’avenir duo raffinage en Europe par la Commission de Bruxelles dans le but de préparer l’avenir du secteur, ses mutations, celles de ses métiers et – c’est l’une des causes que je défends depuis des années dans le débat public – l’instauration de protections commerciales aux frontières de l’Union pour protéger nos produits des pratiques déloyales de pays ou de multinationales qui ne respectent pas les normes sanitaires, sociales, environnementales que nous, entrepreneurs et travailleurs européens, a juste titre, nous appliquons à nous-mêmes.


Je dis et redis – ce fut mon leitmotiv dès janvier 2012 – que le site de Petit-Couronne attend un repreneur industriel et non un financier, avec un projet stable, viable, durable, qui investisse vraiment sur le site et qui fasse la preuve a devant le tribunal qu’il remplit réellement toutes les exigences nécessaires au rachat d’une raffinerie de 230 hectares classée SEVESO et qui compte aujourd’hui cinq-cents salariés – sans compter les employés des entreprises sous-traitantes, nombreuses en Haute-Normandie. « On veut du sérieux, pas du fumeux », m’avait dit en juillet l’un des salariés présents ici-même, à Rouen. On veut du sérieux, lui avais-je répondu, pas un « Petromoins ».

p1020799L’audience durera près de trois heures. A huis-clos. C’est un moment où j’aimerais être avocat pour aller plaider la cause d’un site que, depuis l’annonce de la fermeture de l’unité d’huiles en octobre 2011, j’ai appris à connaitre, devenu peu à peu, grâce aux Assemblées générales à l’entrée de la raffinerie et au travail en liaison avec l’intersyndicale pour préparer les réunions avec les ministères du Redressement productif et de l’Ecologie-Energie, ou encore les réunions à Bruxelles, spécialiste du raffinage, de ses produits, de ses techniques, de ses enjeux, du va-et-vient délirant des marges du brut, de ses métiers, de son histoire. A l’extérieur, tout le monde attend, discute, questionne, en attendant l’issue de l’audience.

Un peu avant 13h, Yvon Scornet pour l’intersyndicale redescend les marches et sur le parvis du tribunal de commerce, donne connaissance de la décision : le délibéré est repoussé au 2 octobre. Les juges donnent un mois supplémentaire aux deux candidats à la reprise pour apporter les éléments de preuve de leurs capacités, notamment financières, à reprendre et exploiter la raffinerie. Le tribunal veut du sérieux, du solide, du durable, et les administrateurs judiciaires vont transmettre dans les prochains jours la liste des écrits et des procédures nécessaires. Aux candidats à la reprise d’y souscrire effectivement et dans les délais impartis. En attendant, pour tous ceux qui souhaitent se mobiliser, rendez-vous jeudi midi 6 septembre à l’entrée de la raffinerie pour la prochaine AG de soutien à l’avenir industriel du site et de ses salariés. Nous y serons nombreux.

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