Carlos Ghosn audition

Audition à l’Assemblée nationale de Carlos Ghosn, PDG de Renault

Publié le 17 février 2016 | Mon action nationale

Ce matin, les commissions des affaires économiques et des finances de l’Assemblée nationale ont auditionné Carlos Ghosn, président-directeur général de Renault.

Ghosnbis« Renault va bien », a-t-il indiqué dès l’entame de son introduction qui a porté sur trois principaux enjeux : la stratégie du groupe, les relations avec l’Etat actionnaire et l’innovation. En 2015, la trésorerie nette de Renault a été positive pour la sixième année consécutive, 2 800 000 voitures ont été vendues dans le monde et 2 000 collaborateurs embauchés – 1 000 personnes en CDI dans les usines et l’ingénierie et 1 000 contrats d’apprentissage en direction des jeunes. Des recrutements supplémentaires, d’une même ampleur, sont prévus cette année.

Devant la représentation nationale, le PDG de Renault est revenu sur plusieurs enjeux qui ont rythmé l’actualité du constructeur au cours de l’année et demie écoulée depuis son audition en septembre 2014, parmi lesquels l’évolution du marché à l’échelle internationale, le dialogue avec la puissance publique, le fonctionnement de l’alliance Renault-Nissan, sa singularité vis-à-vis d’autres grands groupes mondiaux et la force qu’elle constitue, « car [pour être compétitif], il faut être en même temps unique et différent », les défis technologiques et énergétiques qui vont concerner l’industrie automobile, la production de véhicules et leurs usages ; le rôle majeur du crédit d’impôt recherche pour la compétitivité des entreprises françaises et de sa R&D face à la concurrence internationale ; la structuration de l’écosystème productif avec les sous-traitants, équipementiers, fournisseurs et distributeurs.

Bien sûr, au cœur de son intervention comme des questions des députés qui étaient présents, a été longuement évoqué l’accord de compétitivité de mars 2013. Cet accord, « preuve de la vitalité du modèle social [du] groupe », s’est déployé depuis plus de deux ans. Grâce à la mobilisation de l’ensemble des collaborateurs de l’entreprise, il permet à Renault d’entrer « dans une phase de croissance soutenue pour plusieurs années, fruit d’efforts de longues années ». La réalisation des objectifs est en avance sur les prévisions initiales du plan stratégique, en témoigne cette précision : « Nous avons fabriqué 500.000 voitures en France à notre point bas. En 2015, nous sommes remontés à plus de 660 000, soit 24% de plus qu’en 2014. Et, en 2016, nous ferons nettement plus que les 710.000 auxquelles nous nous étions engagés pour… 2017 ». Il a détaillé le renforcement des capacités productives des différents sites français rendues notamment possibles par le partenariat même qu’est l’alliance avec Nissan, mais aussi par des coopérations industrielles avec d’autres constructeurs : par exemple, « plus de 50 % de la production de Cléon est destinée à nos partenaires ». Autre donnée importante : 75 % de la R&D du groupe ont désormais leur base dans notre pays.

M. Ghosn a également mis en perspective les principaux enjeux auxquels le groupe aura à se mesurer dans les prochains mois et les années à venir : le renouvellement de la gamme – 10 nouveaux véhicules seront lancés en 2016, deux fois plus que l’an dernier ; le retour en Formule 1 afin de soutenir l’innovation et la notoriété de la marque à l’international, notamment sur les marchés asiatiques et sud-américains ; la feuille de route par laquelle Renault intègre les défis et les bouleversements des technologies nouvelles, ceux du numérique – avec les véhicules autonomes et connectés – et ceux de la transition énergétique, dans le prolongement de l’accord de Paris sur le climat dont il a souligné l’importance, avec les véhicules zéro émission. Renault, je l’ai à de nombreuses reprises évoqué ici à l’occasion des débats à l’Assemblée ou des visites de terrain, a été le premier à s’engager avec force sur ce segment essentiel pour la lutte contre le réchauffement climatique, le premier aussi à faire le pari de l’électrique à ce niveau : « le zéro émission abordable, à des prix raisonnables, est l’électrique ». Autre défi clé pour le développement du groupe : les perspectives de croissance et de conquête de marchés dans le monde, en Chine notamment où les autorités ont fixé des positions très ambitieuses pour les véhicules « à énergie nouvelle » puisque, c’est un chiffre éclairant, 5 millions de véhicules électriques devront rouler sur les routes chinoises en 2020, alors que moins de 100 000 véhicules électriques ont été vendus en Chine en 2015.

Renault-Nissan, 4ème constructeur mondial, 2ème constructeur européen, est entré dans une phase de croissance soutenue et se fixe un objectif fort mais aussi mobilisateur : « installer l’alliance Renault-Nissan dans le top 3 des constructeurs mondiaux » avec la volonté pour Renault, en 2017, d’atteindre 50 milliards d’euros de chiffre d’affaires et un taux de marge opérationnelle de 5 %. Pour mener à bien ce chantier et les autres qui lui sont intimement liés, Carlos Ghosn a affirmé avec force l’enjeu que constitue l’investissement dans la formation et le renforcement des compétences, défi pour Renault et pour l’ensemble de l’économie. Cette question, avec d’autres, figurera au cœur du rendez-vous 2017 du groupe afin de prolonger la dynamique créée par le plan de croissance et de conquête « Drive the change ».

ghosnbachelayC’est sur cette dimension du temps long, aspect essentiel dans la stratégie d’un groupe tel que Renault, indissociable de son succès salué par l’ensemble des députés qui ont participé à cette audition passionnante qui a duré plus de deux heures et demie, que j’ai souhaité questionner son PDG dans une vidéo consultable ici, en insistant sur deux enjeux : l’atout pour l’entreprise que constitue la présence de l’Etat au sein de son capital, « actionnaire de long terme, attentif et engagé auprès du constructeur et des salariés » ; et les choix industriels qu’implique la transition énergétique désormais engagée dans notre pays, « enjeu majeur pour l’environnement, l’investissement et l’emploi », ai-je dit, notamment pour « l’usine de Cléon où est désormais produit le moteur R240 qui équipe la Zoé » et dont Carlos Ghosn, dans son propos introductif, a souligné l’excellence.

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