A Sandouville, pour l’industrie avec Martine Aubry

Publié le 26 septembre 2011 | Mon action nationale

sandouville-01Cet après-midi, Martine Aubry a rencontré les salariés de Renault Sandouville. Elle connaît bien l’usine : elle s’y était rendue à l’automne 2008, un mois avant de devenir Première secrétaire du PS. Elle s’était engagée à revenir sur place : parole tenue.
 
A l’époque, 4 500 salariés travaillaient sur le site : aujourd’hui, ils sont 2 500, dont un quart ont été répartis sur d’autres sites du groupe (Cléon, Aubevoye, Flins, Maubeuge) faute de production suffisante dans l’usine située près du Havre. Les organisations syndicales sont d’abord revenus sur le passé immédiat : la venue de Nicolas Sarkozy et de Carlos Ghosn il y a trois ans. Cette visite a laissé un goût amer dans le coeur des salariés. Comment pourrait-il en être autrement ?
 
A Sandouville, les engagements de l’Etat-actionnaire n’ont pas été tenus. Le 6 octobre 2008, le Président de la République et le PDG de Renault-Nissan ont pris un double engagement devant les salariés : garantir la pérennité du site avec l’introduction d’un véhicule utilitaire en complément de la production de la Laguna et de l’Espace d’une part, d’autre part prendre les mesures nécessaires pour assurer la compétitivité de cette nouvelle production sur le site.
En mai 2010 encore, le Ministre en charge de l’industrie affirmait même qu’un nouveau véhicule haut de gamme serait affecté à l’usine de Sandouville.
Moins d’un an après cette dernière annonce, Renault confirmait effectivement la production du nouveau Trafic à Sandouville à compter de 2012, mais annonçait aussi le transfert à Douai de la production de la prochaine génération de la Laguna et de l’Espace. Quant au nouveau véhicule haut de gamme (Latitude), il n’en est plus question : il sera fabriqué en Corée et débarqué… au port du Havre, à quelques centaines de mètres de l’usine dont le coeur de métier historique est le haut de gamme !
Concrètement, il fallait donc comprendre que le « complément » de production devait s’entendre de 2013 à 2014 (échéance de l’arrêt de la production Espace et Laguna avant le transfert à Douai).
Il fallait aussi comprendre que l’appui de l’Etat résidait dans les 3 milliards d’euros de prêts accordés à Renault en 2009, au plus fort de la crise du secteur automobile, en contre-partie de la non fermeture de sites en France. Renault a remboursé le prêt par anticipation en 2011 compte tenu de ses bons résultats 2010. L’Etat, de son côté, a fait une bonne affaire en prêtant à 6,8 % et engrangera plus de 300 millions d’euros selon le ministère de l’Economie et des Finances. Que restera –t-il des engagements de Renault, qui couraient initialement jusqu’en 2014, une fois le constructeur délié de ses obligations financières ?
Comment ne pas s’interroger sur la pérennité des 2 500 emplois actuels sur un site qui produira seulement à moyen terme 100 000 trafics par an selon le constructeur – alors que, selon les syndicats, on ne dépassera pas les 60 000 unités au regard des besoins actuels ? Les syndicats estiment qu’un tel niveau de production peut être assuré avec seulement 1 500 salariés.
Comment ne pas s’interroger aussi sur la notion de « compétitivité » du site revendiquée par l’Etat et par l’entreprise ? Pour un constructeur qui a privilégié la délocalisation dans sa stratégie industrielle, la compétitivité ne tiendra pas seulement aux aides à l’investissement qui pourraient lui être accordées ; elle peut aussi conduire à la réduction des effectifs et à un nouveau plan de départs volontaires.
 
Sandouville : illustration de l’injustice du plan Sarkozy-Fillon sur les retraites. Le plan de départ volontaire garantissait aux salariés concernés un revenu, via Pôle emploi, jusqu’à l’âge de 60 ans. La réforme des retraites ayant reculé l’âge légal à 62 ans, près de 200 salariés bénéficiaires de Sandouville pourraient se trouver privés de leurs indemnités dès début 2012. L’entreprise leur propose un retour en contrat d’intérim dans l’entreprise, ce que refusent les salariés. Dans ces conditions, Renault et sept de ses fournisseurs percevront-ils 24 millions d’euros d’aides sociales de l’Union Européenne au titre du Fonds Européen d’Ajustement à la Mondialisation (FEM) pour faciliter le retour à l’emploi de 3 582 personnes licenciées en 2008 sur l’ensemble du territoire national ? C’est une vraie question. Estelle Grelier, députée européenne PS et Présidente de la Communauté de Communes de Fécamp, est intervenue au Parlement européen et auprès de la Commission européenne pour améliorer la situation des salariés concernés.

Martine Aubry : « je serai la présidente de la réindustrialisation du pays ».

Aux salariés de Sandouville qu’elle a rencontrée, accompagnée de Laurent Fabius, Didier Marie, le président du Conseil général de Seine-Maritime, Laurent Logiou, vice-président du Conseil régional et élu du Havre, et Mathieu Brasse, secrétaire de la section du Havre, Martine l’a dit avec force : « il n’y a pas d’économie forte sans industrie forte, et pas d’industrie forte sans puissance publique forte ». Pour elle, « il y a un savoir faire ici qui doit continuer d’être présent sur le marché européen ». Evoquant le projet de pôle de déconstruction / valorisation des véhicultes présenté par la CGT, elle a indisté sur la nécessité de « préparer l’industrie automobile du futur, avec le gisement de technologie et d’emploi que constitue la mutation de l’économie verte ».



Martine Aubry rencontre les salariés de Renault… par martineaubry

 

Le message de Sandouville, Martine le martèle partout en France où, Première secrétaire du PS, elle est souvent allée à la rencontre d’entrepreneurs et de salariés de l’industrie. Celle-ci traverse une crise historique. Pour sortir notre pays de la crise et créer à nouveau des emplois qualifiés, Martine Aubry fait de la réindustrialisation une priorité économique et écologique, une exigence sociale et territoriale. Comme secrétaire national à l’industrie et aux entreprises à ses côtés depuis trois ans, fort de l’expérience acquise à Cléon – commune qui accueille elle aussi un site d’excellence du groupe Renault – et en Haute-Normandie, je suis fier d’avoir contribué à bâtir la nouvelle doctrine socialiste pour 2012.

Fidèle au projet socialiste qu’elle enrichit de solutions inédites, Martine fait plusieurs propositions précises et concrètes.
- Pour doter la France d’une politique industrielle digne de son rang et investir dans les secteurs d’avenir (mobilité durable, énergies, agro-alimentaire et agro-ressources pour l’éco-conception, textiles innovants et intelligents, biotechs et santé, télécommunications, contenus numériques et audiovisuels, etc.), Martine Aubry mettra en place une Banque publique d’investissement (regroupant les outils de la Caisse des Dépôts, du Fonds Stratégique d’investissement, d’Oséo, des outils de capital-risque en régions). Elle sera mobilisée au plus près des entreprises et des territoires sous forme de fonds régionaux.
- Pour soutenir les TPE/PME, particulièrement créatrices d’emplois, leur permettre de grandir, d’innover et d’exporter en renforçant leurs fonds propres, Martine Aubry créera une agence dédiée aux entreprises de moins de 20 salariés au sein de la Banque publique.
- Pour encourager l’innovation, gage de compétitivité-qualité, Martine Aubry mettra en place des Agences régionales de l’innovation, en lien avec la Banque publique d’investissement.
- Pour protéger les innovations des PME et les soutenir à l’international, elle proposera à nos partenaires de l’UE la création d’un brevet européen.
- Pour lutter contre les fermetures d’usine, Martine Aubry s’engage à faire respecter le principe du « délocaliseur-payeur » : une entreprise qui réalise des bénéfices et qui ferme un site rentable devra rembourser les aides publiques perçues les cinq dernières années, dépolluer le site le cas échéant et reclasser les salariés.
- Pour mettre la finance au service de l’économie réelle et de l’emploi, elle propose de réorienter l’épargne et la fiscalité vers l’investissement et la production. Elle modulera l’impôt sur les sociétés en fonction de l’utilisation par l’entreprise de ses bénéfices – réinvestis ou distribués aux actionnaires. Elle recentrera le crédit impôt recherche et les exonérations de cotisations sociales vers les PME. Elle créera un livret d’épargne industrie.
- Pour protéger les entreprises les travailleurs européens, Martine Aubry défendra la réciprocité commerciale dans la mondialisation. Elle défendra le « juste échange » plutôt que le libre échange, en conditionnant les règles du commerce mondial au respect de normes environnementales, sociales et sanitaires renforcées. Elle propose l’augmentation au niveau européen des droits de douane sur les produits ne respectant pas ces normes.

 

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