A Alizay, solidarité encore et toujours avec les M’Real

Publié le 30 mars 2012 | En Région, MON ACTION LOCALE

mreal-guillaume-bachelayJ’étais ce vendredi midi à Alizay avec Francois Loncle, député de l’Eure, Hélène Ségura, maire-adjointe de Vernon et Vice-présidente de la Région et Richard Jacquet, Maire de Pont-L’Arche, aux côtés des salariés de M’REAL qui organisaient un barbecue républicain pour défendre l’emploi industriel et empêcher la fermeture de leur usine.

Étaient présents les salariés, leurs représentants syndicaux, des élus du territoire, ainsi que des travailleurs de Paris-Normandie et de la raffinerie Petroplus mobilisés pour leurs emplois et l’avenir de leur entreprise. La mobilisation était à la hauteur de l’enjeu : depuis deux ans et demi, M Real est devenu une lutte régionale et une cause nationale – un site performant, leader sur son secteur, que son propriétaire décide de fermer sans permettre à des repreneurs, pourtant connus, de poursuivre l’activité. Mais pour moi, MReal, ce sont d’abord des images dans l’usine, des réflexions partagées à la préfecture de l’Eure pour pérenniser l’activité, des visages surtout de femmes et d’hommes qui aiment leur travail et connaissent leurs métiers et qui en sont désormais privés.

Car ce vendredi 30 mars marquait la dernière journée officielle de travail sur le site. A partir du 2 avril, les 338 salariés ouvriers seront licenciés. Hier, les derniers rangements ont été faits, les ultimes cartons achevés : ce barbecue fraternel, devant la grille de l’usine, sous le soleil, mettait du baume au coeur de chacun. « Les humains sont ainsi faits qu’ils ont besoin de se retrouver« , disait le message lu par l’intersyndicale.

Il disait aussi : « Ce n’est pas un adieu, c’est un au revoir« . Effectivement, malgré le drame des licenciements, il faut poursuivre la mobilisation exemplaire, volontaire, solidaire, pour la reprise de l’usine avant la fin de l’année et pour recréer l’emploi sur le site d’Alizay.

Avec Alain Le Vern, nous avons voulu que la Région soit inlassablement aux côtés des salariés : mise en place d’un comité de suivi, financement d’une étude confirmant la rentabilité de l’activité de production de pâte à papier sur le site d’Alizay et préconisant la diversification des activités de l’usine (production d’énergie et de chaleur), mémorandum sur les aides régionales et nationales mobilisables en faveur d’un projet d’investissement sur le site eurois. Demain, si un dossier de reprise industrielle voit le jour, crédible, solide, nous nous mobiliserons de nouveau, à hauteur bien sûr de nos moyens et de ce que nous permettra le droit européen. J’espère que l’Etat, premier acteur d’une politique industrielle digne de ce nom, sera au rendez-vous, jouant son rôle de stratège et de financeur.

C’est pourquoi, dès janvier 2009, dans le plan de relance du Parti socialiste, j’avais porté de tout mon coeur la proposition d’une banque publique d’investissement, mobilisant ses moyens sous a travers des fonds régionaux, soutenant les filières d’avenir, les secteurs stratégiques et les projets d’intérêt national – le papier, le bois énergie, le développement économique de la vallée de la Seine en font partie. Cette idée a fait son chemin : elle constitue l’un des 60 engagements de François Hollande pour l’alternance et le redressement productif du pays.

François Hollande, précisément. Il est venu ici même, chez MReal, le 15 février dernier.

Il a vu le scandale à l’oeuvre sur le site où se trouve la machine pour le papier recycle la plus performante de France et qui, pourtant, est désormais a l’arrêt. C’est à Alizay que le candidat du Parti socialiste à l’élection présidentielle a présenté, pour la première fois, sa proposition consistant à obliger, via le tribunal de commerce, un propriétaire qui se sépare d’un de ses sites productifs à examiner toute offre de reprise crédible qui se sera fait connaitre. Quelques jours plus tard, le Groupe socialiste de l’Assemblée nationale a déposé une proposition de loi sur ce sujet, combattue et rejetée par la majorité de droite. Si le 6 mai prochain, les Français décident d’accorder leur confiance à François Hollande et de lui adjoindre en juin une majorité à l’Assemblée nationale, cette proposition de loi sera soumise par le nouveau Gouvernement à la représentation nationale pour qu’elle soit adoptée au plus vite afin qu’aucun autre « M’Real » ne puisse se reproduire dans le pays.

Je veux redire aux salariés de M’Real comme à ceux de Petroplus, de Paris Normandie, mais aussi des PME confrontées à la crise et à la chute du carnet de commandes, qu’il n’y a pas de fatalité : nous pouvons, nous devons réindustrialiser la France et ses territoires. Encore faut-il vouloir s’en donner les moyens, tous les moyens – juridiques, fiscaux, économiques et financiers -, au plan national comme a l’échelon européen – pour en finir avec une politique de la concurrence stupide, une politique monétaire rigide et une politique commerciale naïve ! C’est pour retrouver la maîtrise de notre destin industriel et productif, pour agir au service de l’emploi, que François Hollande s’engage et que je me bats à ses côtés.

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