hommage Bérégovoy

1er mai : en circonscription, hommage à Jean Jaurès et à Pierre Bérégovoy

Publié le 1 mai 2013 | MON ACTION LOCALE

Comme chaque 1er mai, les socialistes des communes du pays d’Elbeuf se sont retrouvés, ce matin, à Caudebec-lès-Elbeuf, face à l’hôtel de ville et autour de la stèle de Jaurès. Élus du territoire, militants et sympathisants lui ont rendu hommage, à travers les discours et la voix de Brel retentissant sur place : « Demandez-vous belle jeunesse / Le temps de l’ombre d’un souvenir / Le temps de souffle d’un soupir / Pourquoi ont-ils tué Jaurès ? »

Cette année, une émotion particulière nous a tous saisis : il y a vingt ans disparaissait Pierre Bérégovoy. Oui, il y avait une grande émotion parmi nous et en chacun de nous. Parce qu’en Seine-Maritime et dans ce bassin elbeuvien, sa famille puisait une partie de ses racines. Parce que chacun se souvient où il était et ce qu’il faisait lorsque fut annoncée la mort tragique de cet homme bon et honnête. Parce que le pays entier, par-delà les clivages partisans, respectait celui qui n’était issu ni des grandes familles ni des grandes écoles et qu’une vie de travail et d’efforts avait conduit aux plus hautes responsabilités de l’État. Parce que son itinéraire réunissait les deux figures de la gauche française de la seconde moitié du 20ème siècle, Pierre Mendès France et François Mitterrand. Parce que Pierre Bérégovoy, c’était une certaine conception, exigeante et constante, de l’engagement public. Il préférait les arguments aux slogans, l’opiniâtreté au long cours à l’opinion du jour, l’histoire au court terme, l’ancrage aux sondages. Pensée aussi, ce mercredi, pour les camarades socialistes de la Nièvre.

Il est juste de rendre hommage à ce grand socialiste, mais lui rendre hommage, ce n’est pas seulement penser à lui chaque 1er mai. C’est rappeler les combats et les choix qui furent les siens dans les fonctions qu’il exerça et dans les périodes où il les exerça, comme ministre puis comme chef du Gouvernement.

Pierre Bérégovoy voulait conjuguer efficacité et justice. C’était son style autant que sa méthode. Ministre des Affaires sociales de Pierre Mauroy, il créa deux allocations pour l’insertion des jeunes et les chômeurs en fin de droit. En même temps, il ramena les comptes de la Sécurité sociale à l’équilibre en 1983, puis les rendit excédentaires en 1984 : à ses yeux, c’est par le sérieux que pouvait être protégé ce pilier du conseil national de la Résistance.

Comme ministre de l’Économie et des Finances, dans le gouvernement de Laurent Fabius, il lutta contre l’inflation, mal endémique du pays que la droite n’avait pas su ou pas voulu réduire – et qui frappe d’abord les ménages les plus modestes. A Rivoli puis à Bercy, il modernisa l’appareil productif, encouragea l’investissement en faveur des PME et des grands fleurons industriels nationaux, inscrivit la France au cœur de la construction de l’Europe et contribua avec nos partenaires à la mise en place des fondations juridiques indispensables à l’union monétaire, puis à une monnaie commune. Bref, il fut l’homme de la modernisation, lui qui avait anticipé le passage à un nouveau monde, plus global, où le besoin de régulation, d’innovation, de formation serait immense. Il avait compris cela, sans doute aussi la nécessité impérieuse que les progrès technologiques et économiques ne laissent personne au bord du chemin dans un monde où tout allait sans cesse davantage s’accélérer. Sans doute le résultat du référendum sur le traité de Maastricht l’avait-il conforté dans l’idée que l’Europe devait être politique et populaire, volontaire et solidaire.

Enfin, Pierre Bérégovoy était profondément attaché à la démocratie sociale. Lui l’ancien cheminot, l’ancien militant syndicaliste, savait l’importance du dialogue entre les partenaires sociaux pour bâtir des compromis et des solutions. Qu’il s’agisse des caisses de sécurité sociale dans le régime général, de la formation des salariés, de la démocratisation du secteur public, de l’organisation du travail ou du financement des retraites, il croyait à la méthode qui consiste à se réunir autour d’une table, qu’elle soit ronde ou carrée, et à mettre en confrontation les analyses, les points de vue, les intérêts, les propositions pour obtenir des avancées et des résultats.

Comme beaucoup, j’ai pour Pierre Bérégovoy une admiration immense, un profond respect. Et je me dis que son action – justice et efficacité, modernisation et anticipation, démocratie sociale et gauche des solutions – peut être une référence pour la gauche qui agit aujourd’hui.

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One Response to 1er mai : en circonscription, hommage à Jean Jaurès et à Pierre Bérégovoy

  1. Racé Paul says:

    J’ai regardé mardi 30, sur TV5, le film « Un homme d’honneur » qui retrace la fin de vie de Pierre Bérégovoy. Je pense comme Guillaume qu’il peut, je dirai même qu’il doit être une référence pour la gauche d’aujourd’hui .

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